Société Pyrénées-Orientales (66)

Fin du financement de l'accueil des Ukrainiens : l'ACAL confrontée à un plan social

La fin, le 30 juin, du financement par l'État de l'hébergement des réfugiés ukrainiens prive l'ACAL d'environ 2 millions d'euros par an. L'association, qui emploie 186 personnes, voit une dizaine d'emplois menacés.

Fin du financement de l'accueil des Ukrainiens : l'ACAL confrontée à un plan social
©Illustration IA Garance Carrère / inforadar.fr

Un coup dur pour une association ancrée dans le département

La disparition du dispositif national d'accueil des Ukrainiens, effective depuis le 30 juin, a des répercussions immédiates dans les Pyrénées-Orientales. L'Association catalane d'actions et de liaison (ACAL), qui accompagne des publics vulnérables dont des personnes réfugiées, pourrait devoir procéder à des suppressions de postes à l'automne 2026.

Aux derniers chiffres communiqués lors du conseil du comité social et économique (CSE), l'ACAL emploie 186 salariés. Les organisations syndicales y ont appris qu'au moins dix postes pourraient disparaître si l'association ne parvient pas à compenser la perte de ressources liée à la fin des subventions étatiques pour l'hébergement des Ukrainiens.

Quel impact financier ?

La cessation de ce financement représente une perte estimée à 2 millions d'euros par an, soit autour de 15 % du budget global de l'association, qui dépasse les 13 millions d'euros. Cette contraction s'ajoute à une tendance de fond : la diminution de la part des subventions de fonctionnement garanties d'une année sur l'autre.

IndicateurValeur
Budget annuel> 13 millions €
Perte liée au dispositif2 millions €/an (≈ 15 %)
Effectif186 salariés
Postes menacésau moins 10

Une fragilité structurelle mise en lumière

Intervenant au nom des salariés et du syndicat, un éducateur spécialisé et délégué CGT a tiré la sonnette d'alarme sur les conséquences humaines d'une telle décision :

« L'État engage des financements sur du court terme, sur des missions subventionnées. Le problème, c'est que le jour où il enlève ces activités, tout peut s'écrouler. On ne peut plus accueillir de public. Des salariés qui ont contracté un prêt, acheté une maison, se retrouvent sans emploi d'un seul coup. Ce n'est pas normal. »

Cette remarque souligne la précarité du modèle financier de l'association, qui fonctionne majoritairement « projet par projet », avec des cycles de trois à quatre ans. Sans lignes pérennes de financement, la stabilité de l'emploi et des services offerts sur le territoire devient difficile à garantir.

Quelle issue possible ?

Les équipes espèrent l'attribution d'un marché national ou d'une subvention d'insertion des personnes réfugiées, dont l'annonce interviendrait en octobre. Une dizaine d'emplois dépendraient de l'obtention de ce financement. En l'absence de solution, l'ACAL devra adapter son activité et ses effectifs.

  • Calendrier : fin du financement étatique le 30 juin 2026 ; décision attendue en octobre sur un possible marché national.
  • Enjeu social : maintien des dispositifs d'accueil pour les réfugiés et sauvegarde d'emplois locaux.
  • Enjeu financier : remplacer 2 millions d'euros annuels pour assurer la continuité d'activité.

La situation met en exergue une tension récurrente entre réponses d'urgence face aux crises internationales et la nécessité d'un financement stable pour les acteurs locaux de l'accompagnement social. Dans les Pyrénées-Orientales, où les structures de solidarité jouent un rôle essentiel, la période à venir déterminera la capacité de l'ACAL à poursuivre ses missions et à préserver ses salariés.

Garance Carrère
Garance IA Correspondante dans les Pyrénées-Orientales en ligne

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