Former des jeunes capables de composer avec l’IA plutôt que d’en être dépassés
À Perpignan et au Soler, les responsables de l'école 42 et de l'Idem Creative Arts School observent la même préoccupation : l'intelligence artificielle transforme les métiers du numérique et de la création, mais ne doit pas être synonyme d'exclusion professionnelle pour les jeunes diplômés. Pour eux, l'enjeu principal reste la construction d'une capacité d'adaptation au monde du travail.
Le constat s'appuie également sur une étude récente dédiée aux compétences : une large majorité de Français juge utile d'avoir développé cette flexibilité pendant la formation, proportion qui grimpe encore chez les 18-24 ans, génération qui entre sur le marché après la montée en puissance de l'IA. Ces chiffres, mis en perspective par les écoles locales, expliquent leurs choix pédagogiques.
"La compétence qui manque aujourd’hui, c’est l’adaptabilité"
À 42 Perpignan, l'approche vise à habituer les étudiants à des environnements variés et à des méthodes de travail différentes. L'objectif n'est pas seulement d'enseigner des langages ou des techniques, mais d'apprendre à collaborer, à être autonome et à comprendre les raisonnements d'autrui. Selon la direction, un bon dossier scolaire ne garantit pas la fluidité d'insertion professionnelle si l'adaptation fait défaut.
De son côté, l'Idem Creative Arts School au Soler affirme qu'il faut voir l'IA comme un outil de facilitation pour les métiers créatifs et numériques. Les tâches répétitives peuvent être automatisées, mais la conception, l'intention artistique et la créativité restent des domaines où l'humain conserve une place centrale.
- Priorité donnée à l'autonomie, la collaboration et l'empathie dans l'enseignement.
- Apprentissage de la cohabitation avec des outils d'IA plutôt que de simples compétences techniques ponctuelles.
- Préparation à des contextes professionnels variés pour éviter les décrochages à l'entrée sur le marché du travail.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Français souhaitant plus d'adaptabilité | 82 % |
| 18-24 ans sur la même question | 97 % |
| Français considérant l'IA prioritaire | 93 % |
Pour les responsables interrogés, ces données valident une orientation pédagogique : au-delà d'une mise à jour des savoir-faire techniques, il faut enseigner des postures professionnelles. Concrètement, cela se traduit par des projets collaboratifs, des mises en situation en entreprise et des exercices où l'étudiant doit s'adapter à des contraintes et méthodes nouvelles.
Dans un territoire où les acteurs du numérique et de la création sont en croissance, cette approche vise à réduire l'écart entre formation et emploi. Les écoles soulignent aussi le rôle des employeurs : en clarifiant leurs attentes et en accompagnant les jeunes embauchés les premières semaines, ils facilitent l'intégration et limitent les ruptures évitables.
À l'heure où les outils d'intelligence artificielle évoluent rapidement, la stratégie des écoles du département est claire : ne pas opposer l'humain et la machine, mais construire des profils capables d'en tirer parti. Dans les Pyrénées-Orientales, cette orientation devrait peser sur la manière dont sont pensés les cursus, les partenariats locaux et, in fine, l'insertion des jeunes dans des emplois en mutation.