Une décision de justice en demi-teinte pour les arrêtés municipaux
Le 16 juillet, le tribunal administratif de Toulouse a statué sur deux arrêtés municipaux pris par la mairie de Foix visant à encadrer l'occupation de l'espace public cet été. Saisie par la Ligue des droits de l'Homme (LDH), la juridiction a validé une grande partie des mesures dites « anti-mendicité » mais a suspendu l'interdiction généralisée des quêtes dans le centre-ville dans l'attente d'un examen au fond.
Les arrêtés en cause sont datés du 29 mai — applicable jusqu'au 12 septembre — et du 8 juillet, ce dernier visant à prohiber les quêtes durant le mois de juillet au centre historique. Le tribunal a jugé, à ce stade de la procédure, que plusieurs dispositions étaient proportionnées au regard des troubles constatés.
Les motifs retenus par la juge
La magistrate a relevé l'existence de troubles récents à l'ordre public liés à la mendicité et à l'ivresse sur la voie publique. La décision souligne également que la police nationale est intervenue à 89 reprises depuis le début de l'année 2026 pour des faits similaires et que la fréquentation touristique du cœur de Foix en période estivale accentue les enjeux de sécurité et de tranquillité publique.
« Les restrictions visant la consommation d'alcool, l'occupation statique de l'espace public et la mendicité étaient, à ce stade, justifiées par les circonstances locales. »
En conséquence, l'encadrement de la consommation d'alcool sur certains secteurs, l'interdiction d'une occupation statique de l'espace public et des règles précises pour la mendicité restent applicables. En revanche, l'interdiction générale des quêtes dans le centre-ville est suspendue jusqu'au jugement sur le fond, laissant temporairement la possibilité d'organiser des collectes sous conditions.
- 29 mai : premier arrêté, encadrant alcool, occupation statique et mendicité (valable jusqu'au 12 septembre).
- 8 juillet : second arrêté, interdisant les quêtes dans le centre en juillet (suspendu par le juge des référés).
- 16 juillet : décision du tribunal administratif de Toulouse.
| Mesure | Situation actuelle |
|---|---|
| Encadrement de la mendicité | Maintenu |
| Interdiction générale des quêtes (centre-ville) | Suspension provisoire |
| Interdiction consommation d'alcool / occupation statique | Maintenue |
Pour les habitants et commerçants du centre historique, cette décision a des conséquences immédiates : les dispositions visant à limiter les comportements susceptibles de perturber la sécurité et l'ordre public restent en vigueur, ce qui implique des contrôles et interventions policières. En parallèle, les associations et collectifs qui contestent l'interdiction des quêtes auront désormais la possibilité de voir la question examinée sur le fond.
Sur le plan local, la décision interroge la manière dont la municipalité concilie attraction touristique estivale, maintien de la tranquillité publique et respect des libertés individuelles. Elle place également la question sociale au cœur du débat : l'encadrement de la mendicité renvoie à des besoins d'accompagnement et d'hébergement qui dépassent la seule police municipale.
La procédure se poursuivra au fond. D'ici là, les autorités locales devront appliquer des actes dont une partie a été validée par la justice, tout en ajustant leurs dispositifs face aux enjeux humains et urbains d'une petite préfecture de montagne très fréquentée pendant la saison touristique.