Une trappe qui a figé une ville
Le 27 juillet 1964 reste une plaie dans la mémoire de Champagnole et des communes voisines. À 12 h 10, l'effondrement d'une galerie de la cimenterie Bouvet-Ponsar entraîne l'ensevelissement de quatorze ouvriers à une profondeur de 82 mètres. L'accident déclenche une mobilisation considérable : sauveteurs locaux, carriers et spécialistes venus d'autres bassins miniers se relaient dans une course contre la montre.
La nuit et les jours suivants, la ville vibre au rythme des tentatives de sauvetage. Dès le lendemain, les équipes établissent un contact avec un groupe de neuf mineurs, tandis que cinq autres restent introuvables. Plusieurs techniques sont mises en œuvre pour atteindre les disparus : forage vertical par deux appareils successifs et creusement horizontal par des équipes venues de Blanzy, qui s'emploient à percer le Mont Rivel.
- Date de l'effondrement : 27 juillet 1964, 12 h 10
- Profondeur : 82 m
- Nombre de personnes touchées : 14 mineurs
- Rescapés : 9 (extraits après plus de 200 heures)
- Victimes : 5 introuvables ; une victime supplémentaire lors des secours : Étienne Lafond
La progression de la seconde foreuse redonne de l'espoir, jusqu'au drame qui endeuille l'opération : le 1er août 1964, vers 19 h 30, un tuyau d'air comprimé se détache. L'ouvrier venu prêter main-forte, Étienne Lafond, trouve la mort dans l'accident.
| Chronologie | Événement |
|---|---|
| 27 juillet 1964 | Effondrement des galeries, 14 piégés |
| 28 juillet 1964 | Contact établi avec 9 mineurs |
| 1er août 1964 | Accident mortel lors des secours (Étienne Lafond) |
| 4 août 1964 | Extraction du premier rescapé, Michel Jacques |
Après plus de 200 heures d'efforts et d'angoisse, la foreuse atteint enfin les neuf hommes encore en vie. Des essais sont réalisés pour s'assurer du bon fonctionnement du treuil et de la nacelle, puis les rescapés sont remontés un à un. Le premier, Michel Jacques, refait surface le mardi 4 août 1964, suivi des huit autres sous l'émotion et les applaudissements d'une foule rassemblée.
La catastrophe a laissé une empreinte durable : cinq mineurs n'ont jamais été retrouvés et la ville a payé un prix humain lourd, accentué par la mort d'un sauveteur. Les images de l'époque — foreuses, treuils et familles au pied du Mont Rivel — restent ancrées dans la mémoire collective.
Aujourd'hui, alors que l'on commémore ce drame, Champagnole se souvient des victimes et de la solidarité qui s'était engagée pour tenter de les ramener à la surface. La catastrophe du Mont Rivel rappelle à la fois les risques du travail souterrain et l'engagement des secours locaux et nationaux face à l'adversité.