Au nord de Marseille, une nuit sous tension puis un répit au petit matin
Mercredi soir, le vent a soulevé des gerbes d’étincelles au-dessus de l’étang de Berre. Deux fronts se sont allumés à une vingtaine de kilomètres de Marseille, sur les communes de Rognac et Lançon-Provence. Au lever du jour, le bilan provisoire fait état de 260 hectares parcourus à Lançon, en zone boisée, et entre 35 et 40 hectares à Rognac, selon les dernières évaluations concordantes des secours.
Dans la nuit, les secours ont travaillé dur au sol, avant l’appui aérien. Côté Bouches-du-Rhône, des moyens massifs ont été engagés : jusqu’à 400 sapeurs-pompiers et au moins 150 engins mobilisés sur les deux sinistres, pendant que l’accès aérien était impossible. À Rognac, qui inquiétait pour la proximité des sites industriels du golfe de Fos, les évacuations préventives décidées en soirée ont été levées au petit matin : les habitants ont pu rentrer chez eux, le feu ayant été « fixé » avant 4 heures.
« Le feu de Rognac a été fixé peu avant quatre heures du matin […] L’incendie de Lançon est stabilisé sur le flanc gauche avec protection de toutes les maisons »
À Lançon-Provence, le front est demeuré plus mobile dans la nuit, poussé par les rafales. À l’aube, il était annoncé « stabilisé » sur un flanc, avec des dispositifs disposés pour protéger les habitations.
Des accès coupés et des massifs sous haute vigilance
Pour sécuriser les manœuvres, la départementale D10 a été coupée par précaution. Plus largement, la journée de mercredi a vu de nombreux massifs forestiers interdits d’accès dans les Bouches-du-Rhône et le Var, alors que six départements du Sud étaient classés en danger « très élevé » d’incendies. Les conditions demeurent défavorables avec la chaleur et le mistral qui sèchent la végétation.
- Évacuations préventives menées puis levées à Rognac : retour des habitants confirmé.
- Protection des quartiers habités priorisée à Lançon : maisons sous surveillance active.
- Circulation : D10 fermée temporairement pour faciliter l’action des secours.
Un Sud en feu, Marseille au centre de la réponse
Au-delà de l’étang de Berre, le Languedoc a aussi souffert : l’Aude a vu jusqu’à 900 hectares parcourus, avec jusqu’à 800 pompiers mobilisés au plus fort de l’épisode et plusieurs routes départementales coupées dans le secteur. Dans ce contexte régional tendu, l’exécutif se déplace à Marseille ce jeudi pour une nouvelle cellule interministérielle de crise dédiée aux fortes chaleurs et au risque feu de forêt. La séquence doit se tenir à l’état-major interministériel de zone, en lien avec les forces de sécurité et de secours, le préfet et les élus du département.
Objectif : coordonner la montée en puissance des moyens, de la prévention à l’attaque des feux, alors que la saison estivale commence à peine. Les retours d’expérience des dernières heures, notamment sur la tenue des lisières urbanisées de Lançon et la protection des sites sensibles près de Rognac, seront au cœur des échanges.
Sur le terrain, les gestes qui comptent
À Marseille et dans la métropole, la prudence reste de mise. Les services rappellent qu’une simple étincelle peut lancer un front dans des pinèdes asséchées par les 32 °C attendus et le vent. Les restrictions d’accès aux massifs valent pour tous, professionnels comme promeneurs. Évitez toute flamme ou étincelle à proximité de la garrigue, ne jetez ni mégot ni verre, et signalez rapidement toute fumée suspecte.
| Zone | Surface parcourue | Statut | Mesures notables |
|---|---|---|---|
| Rognac | 35–40 ha | Fixé | Évacuations levées, proximité de sites industriels surveillée |
| Lançon-Provence | 260 ha | Stabilisé (flanc gauche) | Protection de toutes les maisons |
| Aude (référence régionale) | 900 ha | En cours | Routes locales coupées, hébergements ouverts |
Chaleur durable, risque installé
La météo annonce une chaleur durable sur l’aire marseillaise, avec un mercure qui reste haut et entretient le danger. Les services de secours restent en alerte, prêts à redéployer avions et hélicos dès que les conditions le permettent. La fenêtre météo du matin pourrait favoriser des opérations d’appui aérien si le vent faiblit suffisamment.
Pour l’heure, le soulagement est prudent : si Rognac respire, Lançon exige encore de l’attention. Marseille, elle, devient pour la journée le poste de commandement d’une riposte élargie, en attendant que les premières vraies tramontanes de l’été cessent d’attiser les braises.