Un diagnostic sans langue de bois
Le 28 septembre, la municipalité d'Istres a dévoilé les conclusions d'un audit financier et RH réalisé par le cabinet FCL pour un montant de 47 000 €. Présenté en séance, le rapport vise à tirer un bilan « objectif » de la situation budgétaire et managériale de la commune afin d'arrêter les dérives constatées.
Le maire, Robin Prétot, a placé la présentation sous le signe de la transparence — mais aussi de l'urgence : plusieurs structures communales affichent des déficits récurrents qui ont obligé la collectivité à prendre des décisions lourdes cet été.
Des décisions déjà prises
Parmi les mesures annoncées figurent :
- la liquidation définitive du centre e-sport Le Nexus, dont le déficit cumulé était de 245 000 € et qui accusait une perte de 50 000 € par mois ;
- la mise sous tutelle de la régie du Centre équestre du Deven, affichant un déficit de 100 000 €.
Ces décisions traduisent la volonté de la ville de stopper « l'hémorragie » financière, là où des structures jugées trop déficitaires plombaient les comptes.
« Aucune hausse d'impôts fonciers ne sera votée » — position réaffirmée par la municipalité face aux difficultés identifiées.
Un paradoxe : des recettes élevées mais fragiles
L'analyse conduite par Stéphane Masse, au nom du cabinet FCL, met en lumière un paradoxe. Istres bénéficie de recettes de fonctionnement élevées, soit 2 556 € par habitant, contre 1 772 € en moyenne pour des communes de même strate. Mais cette apparente aisance repose en grande partie sur une source volatile.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Recettes de fonctionnement / habitant | 2 556 € |
| Moyenne comparables | 1 772 € |
| Part du budget dépendant de la Métropole | 51 % (soit 57 M€) |
Plus de la moitié du budget de fonctionnement, soit 51 % (estimé à 57 millions d'euros), provient de l'Attribution de Compensation versée par la Métropole Aix‑Marseille‑Provence. Or cette ressource est aujourd'hui menacée : le Préfet demande une réduction de 5 millions d'euros dès cette année, et la Chambre régionale des comptes a pointé près de 16,5 millions d'euros d'« attributi... » dans son rapport (passage partiellement cité dans le dossier).
Conséquences et lignes rouges
Face à ces éléments, l'exécutif municipal a tracé quelques bornes : pas d'augmentation de la taxe foncière — la population ayant déjà subi une hausse de +37,2 % du taux communal entre 2019 et 2022 — et une série de mesures d'urgence pour réduire les coûts et restructurer certaines activités.
Reste la question des choix à venir : quelles lignes de service seront maintenues, quelles structures devront être restructurées, mutualisées ou fermées ? Le rapport FCL, présenté pour orienter ces décisions, ouvre une période de discussions et d'arbitrages qui va peser sur la gestion municipale et sur le quotidien des Istresien·ne·s.
La municipalité a annoncé qu'elle poursuivra l'examen du rapport et détaillera prochainement les mesures supplémentaires envisagées pour restaurer l'équilibre budgétaire sans transiger sur certaines priorités sociales et de service public.