Une onde de chaleur qui pénalise l’activité
La vague de chaleur qui a balayé une large partie de l’Europe en juin a eu des conséquences économiques tangibles au Royaume‑Uni : selon une estimation publiée par la London School of Economics (LSE), les Britanniques ont perdu environ 24 millions d’heures de travail sur la semaine du 22 juin, ce qui représente un préjudice évalué à 1,15 milliard de livres (≈ 1,35 milliard d’euros).
L’analyse, conduite par l’Institut Grantham du LSE en partenariat avec le Centre euro‑méditerranéen sur le changement climatique (CMCC), s’appuie sur un panel de 1 950 adultes au Royaume‑Uni interrogés sur l’impact immédiat de la chaleur sur leur activité professionnelle, leur sommeil et leurs déplacements domicile‑travail.
Les plus exposés paient le plus lourd tribut
Les pertes de temps se concentrent principalement chez les travailleurs dont l’emploi est physiquement exigeant et exposé à la chaleur : construction, agriculture et métiers manuels. À l’inverse, les professions moins exposées — par exemple le milieu académique — ont réduit moins fortement leurs heures, selon l’étude.
- Réduction moyenne de durée déclarée : 0,47 heure par personne la semaine étudiée.
- Proportion n’ayant pas travaillé du tout cette semaine : 3,6%, soit l’équivalent d’environ 1,25 million de travailleurs dans la population.
- Effets sanitaires rapportés : troubles du sommeil, fatigue accrue, étourdissements voire malaises cardiaques.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Heures de travail perdues | 24 millions |
| Coût estimé | 1,15 Md£ (~1,35 Md€) |
| Taux ne travaillant pas | 3,6% (~1,25 M personnes) |
| Taille de l’échantillon | 1 950 adultes |
"Le Royaume‑Uni est un pays qui reste insuffisamment ..."
La directrice du Grantham Research Institute, citée par la LSE, alerte sur la préparation insuffisante du pays face à des épisodes de chaleur de plus en plus fréquents et intenses. L’étude souligne que, au‑delà du coût immédiat en productivité, la chaleur a aussi détérioré la capacité à dormir et amplifié la fatigue, des facteurs susceptibles d’affecter la performance au travail sur le moyen terme.
Impacts et questions politiques
Ces chiffres posent des questions pratiques et politiques. Premièrement, comment adapter les conditions de travail — horaires, pauses, accès à la climatisation ou lieux ombragés — pour limiter la perte d’heures et les risques sanitaires ? Deuxièmement, quel accompagnement financier ou réglementaire pour les secteurs les plus vulnérables, souvent moins organisés et moins protégés socialement ?
Enfin, l’épisode met en lumière le coût macroéconomique croissant des aléas climatiques : si les épisodes extrêmes deviennent la norme, les pertes récurrentes de productivité pourraient peser sur la croissance potentielle et sur les comptes des entreprises et des administrations. Les données de la LSE fournissent un point d’appui chiffré pour les débats sur l’adaptation au changement climatique et la protection des travailleurs exposés.
La méthode repose sur des déclarations individuelles concernant une semaine précise ; elle permet d’estimer un ordre de grandeur mais invite à des travaux complémentaires pour mesurer les effets cumulés et sectoriels sur plusieurs mois ou années.