Reprise modeste mais nette de l'activité en zone euro
L'activité économique de la zone euro est retournée en territoire de croissance en juillet, selon le PMI composite préliminaire publié vendredi par S&P Global. L'indicateur a bondi à 51,9 en juillet, contre 50,0 en juin, franchissant de nouveau la barre qui sépare croissance et contraction.
Ce mouvement dépasse nettement le consensus des économistes interrogés par Reuters, qui anticipait 50,3, et reflète un redressement simultané des secteurs manufacturier et des services. Le PMI des services a retrouvé son plus haut niveau depuis cinq mois, à 51,6 contre 49,4 en juin, tandis que le PMI manufacturier est passé de 51,4 à 52,0.
"Le mois de juillet est marqué par une reprise bienvenue de l'activité économique dans la zone euro, mais compte tenu de la volatilité du contexte géopolitique, il reste à voir si ces bonnes nouvelles pourront perdurer"
La progression tient en grande partie à un rebond des nouvelles commandes, qui ont augmenté pour la première fois depuis février et à leur rythme le plus rapide depuis avril 2023. Les commandes à l'export restent en recul, mais la baisse s'atténue — constat important pour des économies ouvertes comme la France.
Variations nationales et marché du travail
Le rapport signale des disparités: l'activité privée en Allemagne a retrouvé la croissance après quatre mois de repli, tandis que la contraction française s'est quelque peu atténuée en juillet. Le reste de la zone euro a affiché sa plus forte expansion depuis huit mois.
L'emploi a connu un léger rebond après plusieurs mois de suppressions d'emplois, même si les gains restent modestes, freinés par des réductions persistantes dans l'industrie manufacturière.
- Indice composite (PMI): 51,9 en juillet (50,0 en juin).
- Services: 51,6 en juillet (49,4 en juin).
- Manufacture: 52,0 en juillet (51,4 en juin).
| Composante | Juin | Juillet |
|---|---|---|
| PMI composite | 50,0 | 51,9 |
| Services | 49,4 | 51,6 |
| Manufacturier | 51,4 | 52,0 |
Conséquences et limites
Pour les décideurs et les marchés, la lecture est double. D'un côté, ces chiffres apportent un soulagement: la demande interne montre des signes de vivification et la production manufacturière atteint son niveau le plus élevé depuis 52 mois. De l'autre, les risques persistent: inflation élevée, tensions géopolitiques au Moyen-Orient et fragilité des exportations pourraient limiter la durée de ce redressement.
À court terme, la Banque centrale européenne surveillera ces signaux pour juger de l'évolution de l'inflation et du marché du travail. Pour les entreprises françaises, une hausse durable des commandes domestiques et européennes serait favorable à l'investissement et à l'emploi; si elle reste conjoncturelle, les gains observés en juillet risquent de s'émousser rapidement.
En synthèse, juillet marque une inflexion positive dans la zone euro, mais la durabilité de cette amélioration dépendra autant de facteurs intérieurs (demande, emploi) que d'éléments externes (géopolitique, échanges internationaux).