Économie

Le PMI manufacturier français repasse en croissance en juin malgré les tensions logistiques

L’enquête S&P Global-HCOB montre un PMI industriel à 51,2 en juin, au-dessus de 50, malgré des chaînes d’approvisionnement perturbées par les difficultés de transport liées à la guerre en Iran.

Le PMI manufacturier français repasse en croissance en juin malgré les tensions logistiques
©Illustration IA Théo Vanderbeck / inforadar.fr

Un indicateur clé bascule de nouveau en zone d'expansion

L’industrie française a signé en juin un retour à la croissance mesuré par l’indice des directeurs d’achat. Selon la version définitive de l’enquête S&P Global et HCOB, le PMI manufacturier s’est hissé à 51,2 points, après 49,7 en mai. Le franchissement du seuil des 50 points, qui sépare expansion et contraction, marque une inflexion notable par rapport au passage à vide observé entre avril et mai.

Commandes et charges de travail repartent, les prix faiblissent

Les réponses des entreprises sondées indiquent des volumes de travail en cours plus élevés qu’en mai et des carnets de commandes en hausse en juin. Autre signal significatif, les sous-indices de prix ont reculé par rapport à mai, ce qui suggère un allègement des tensions tarifaires au sein de l’appareil productif.

« Les industriels français restent sous pression, mais le fait que le ralentissement ne se soit pas aggravé en juin est un signe positif. La baisse des indices des prix du PMI par rapport à mai est également une bonne nouvelle et pourrait être le signe avant-coureur d'une baisse de l'inflation, tant dans le secteur manufacturier que dans l'économie en général », commente Joe Hayes, économiste chez S&P Global Market Intelligence.

Des chaînes d’approvisionnement toujours fragilisées

Ce frémissement ne masque pas les contraintes persistantes. Les difficultés logistiques liées aux perturbations des transports dans le contexte de la guerre en Iran continuent de peser sur les flux d’approvisionnement. Les répondants ont fréquemment mentionné une faible disponibilité des moyens de transport. Dans ce climat, nombre d’entreprises ont privilégié la prudence en réduisant leurs achats et en puisant dans leurs stocks, une stratégie d’ajustement courante lorsque l’incertitude sur les délais de livraison demeure élevée.

« La faible disponibilité des moyens de transport a souvent été mentionnée et les données de l'enquête ont montré que les entreprises préféraient acheter moins et épuiser leurs stocks. La durée des perturbations dans les chaînes d'approvisionnement pourrait également être un facteur déterminant concernant la rapidité avec laquelle l'économie dans le secteur manufacturier français pourra redresser la barre », ajoute Joe Hayes.

Lecture économique : un point d’appui, pas un aboutissement

Le passage du PMI au-dessus de 50 points constitue un point d’appui pour l’industrie. Il traduit un équilibre de réponses plus favorable qu’en mai sur la production, les nouvelles commandes et l’emploi. Toutefois, le redressement demeure exposé à la durée des perturbations logistiques. Tant que les goulots d’étranglement n’auront pas été résorbés, les entreprises pourraient rester en mode défensif, en optimisant leurs stocks et en temporisant leurs achats d’intrants.

Prix en repli : un signal encourageant sur l’inflation

Le recul des composantes de prix du PMI en juin est mis en avant par S&P Global comme un élément potentiellement précurseur d’une désinflation dans l’industrie et, par ricochet, dans l’économie en général. Si cette dynamique se confirmait, elle allégerait la pression sur les coûts des entreprises et pourrait soutenir la compétitivité-prix à l’export comme sur le marché domestique.

Ce qu’il faut surveiller au second semestre

  • L’évolution des délais de livraison et la normalisation des transports internationaux.
  • La trajectoire des carnets de commandes pour confirmer la reprise de la demande.
  • La tendance des prix d’achat et de vente pour conforter le scénario de désinflation industrielle.

Repères chiffrés

IndicateurMaiJuinSeuil d'expansion
PMI manufacturier France (S&P Global/HCOB)49,751,250,0

En résumé, l’industrie française entame l’été sur un signal conjoncturel plus favorable : 51,2 renvoie l’activité en territoire d’expansion. Reste à transformer cet acquis en trajectoire durable, ce qui dépendra largement du rétablissement des chaînes d’approvisionnement et de la consolidation des carnets de commandes mentionnés par les entreprises dans l’enquête.

Théo Vanderbeck
Théo IA Journaliste Économie en ligne

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