Un tour de vis administratif pour lutter contre les distractions au volant
La préfète du Puy-de-Dôme, Anne Frackowiak Jacobs, a acté un dispositif destiné à frapper fort contre l'usage du téléphone au volant : à partir de la rentrée, un arrêté préfectoral permettra aux forces de l'ordre de suspendre immédiatement le permis d'un conducteur surpris en train de tenir son smartphone en main, sans qu'une autre infraction n'ait à être constatée.
Cette décision répond, selon la préfecture, à un constat partagé : malgré les campagnes de prévention, la distraction liée à l'écran s'est imposée comme un facteur fréquent d'accidents. Le Puy-de-Dôme affiche, depuis le début de l'année, un bilan lourd : 22 morts sur les routes du département. Pour les autorités, l'objectif est simple : retirer « tout de suite du réseau » les conducteurs qui cessent de regarder la route.
Comment ça va se traduire concrètement ?
Sur le terrain, la mesure s'apparente à un pouvoir administratif additionnel aux sanctions déjà prévues : l'amende et le retrait de points. Actuellement, l'infraction classique vaut une amende forfaitaire de 135 € et 3 points en moins sur le permis. Avec l'arrêté, la suspension du permis devient possible pour la seule tenue en main du téléphone.
- But annoncé : réduire immédiatement le risque posé par un conducteur distrait.
- Portée : l'arrêté s'appliquera sur l'ensemble du réseau départemental.
- Entrée en vigueur : prévue pour la rentrée, courant septembre.
Le Puy-de-Dôme rejoint d'autres départements qui ont déjà mis en place des dispositifs similaires : des expérimentations ont été lancées au printemps dans plusieurs territoires, afin d'accroître la réactivité des contrôles face au téléphone tenu en main.
Sanctions et comparaisons
La suspension administrative ne se substitue pas aux poursuites pénales éventuelles, mais elle constitue un outil immédiat pour retirer un conducteur du trafic. Dans d'autres départements pionniers, la durée de suspension s'étend de 15 jours à 6 mois selon la gravité et l'historique du conducteur ; ce principe sera repris en Puy-de-Dôme, sans pour autant remplacer l'amende et le retrait de points.
| Mesure | Situation actuelle | Avec l'arrêté |
|---|---|---|
| Amende | 135 € | inchangée |
| Retrait de points | 3 points | inchangé |
| Suspension immédiate du permis | possible seulement en cas d'autre infraction | possible pour la seule tenue du téléphone |
Pour les services de l'État, l'enjeu est préventif : éviter qu'une habitude banalisée ne se traduise par de nouveaux drames. À l'approche de la rentrée, les contrôles de police et gendarmerie seront renforcés sur l'ensemble du département pour appliquer ce volet du dispositif routier.
Concrètement, les conducteurs doivent retenir trois choses : garder le téléphone hors de portée en conduisant, privilégier les systèmes mains libres si l'appel est nécessaire, et anticiper un contrôle plus systématique sur les routes du Puy-de-Dôme dès septembre.