Un nom pour mieux décrire une maladie multifactorielle
Lors du Congrès européen d'endocrinologie à Prague en mai 2026, la communauté scientifique a acté un changement de terminologie : le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) devient le syndrome ovarien, métabolique et polyendocrinien (SOMP). L'objectif affiché est de rendre compte de la nature systémique de cette pathologie et de corriger des idées reçues liées au terme « kystes ».
Cette modification n'est pas cosmétique : elle vise à orienter médecins et patientes vers une compréhension plus large des mécanismes en jeu. Le nouveau nom met l'accent sur les composantes ovaires, métaboliques et polyendocriniennes de la maladie, variables d'une personne à l'autre et susceptibles d'avoir des répercussions sur la santé reproductive, métabolique et hormonale.
Ce que change la dénomination pour le dépistage et la prise en charge
Le SOMP touche selon les estimations entre 5 et 10 % des femmes. La nouvelle terminologie doit permettre :
- d'éviter la stigmatisation liée au mot « kystes » et les malentendus qui en découlent,
- d'encourager une approche diagnostique globale intégrant bilan hormonal et évaluations métaboliques,
- d'améliorer le repérage des complications associées (insulinorésistance, troubles du métabolisme, comorbidités endocriniennes).
« Cela donne une nouvelle visibilité à la maladie. Le fait de ne plus parler de “kystes” est particulièrement important. Cela entretenait beaucoup de malentendus sur ce qu’est réellement cette pathologie », explique la Dr Maëliss Peigné.
En pratique, la redénomination encourage les cliniciens à élargir l'évaluation au-delà de l'appareil reproducteur : interrogatoire détaillé, bilan androgénique et surveillance des facteurs de risque métabolique pourront être davantage systématisés.
Conséquences pour les patientes et les pratiques médicales
Pour les patientes, la réforme terminologique peut faciliter la compréhension de l'origine multifactorielle des symptômes (irrégularités menstruelles, signes d'androgénie, difficultés à concevoir, prise de poids). Sur le plan sanitaire, elle peut inciter les instances professionnelles à actualiser recommandations et parcours de soins afin d'intégrer de façon plus explicite la dimension métabolique et endocrinienne.
Ce changement devra être accompagné d'une communication pédagogique pour éviter toute confusion. Les associations de patientes et les équipes spécialisées jouent un rôle clé pour traduire cette évolution en messages clairs, adaptés à la diversité des présentations cliniques.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Congrès de décision | Congrès européen d'endocrinologie, Prague, mai 2026 |
| Prévalence estimée | 5 à 10 % des femmes |
Ce nouvel usage terminologique marque une étape dans la reconnaissance du caractère systémique de la maladie. À court terme, son impact dépendra de l'adoption de la dénomination par les autorités de santé, les sociétés savantes et les professionnels de terrain, ainsi que de la capacité des campagnes d'information à clarifier ce que recouvre désormais le SOMP.