Un final en scène, en partage
À Saint-Denis, la Cité des Arts a résonné d’un jazz aux couleurs des Antilles. Le Mario Canonge Trio a conclu, vendredi 26 juin, une résidence de trois semaines à La Réunion par un concert où l’improvisation s’est mariée aux rythmes caribéens. Autour du pianiste martiniquais, deux complices au parcours international : le bassiste Michel Alibo et le batteur guadeloupéen Arnaud Dolmen. Ensemble, ils ont déroulé des pages de leur dernier album, Caldeira, dans une salle attentive aux dynamiques tantôt ardentes, tantôt nuancées.
Un trio de haut vol et une première partie pédagogique
Avant le set principal, place à la transmission. La première partie était consacrée à la restitution du travail mené avec les élèves du département de percussions de Beauséjour. Sous la direction de Christophe Chrétien, ils ont partagé la scène avec le batteur réunionnais Emmanuel Félicité. Celui-ci a ensuite pris la lumière avec son propre trio, complété par Johan Saartave à la basse et Victor Boyer à la guitare, pour un passage qui a ancré la soirée dans un dialogue fertile entre générations et influences.
Trois semaines au rythme de la biguine
Au cœur de la résidence, l’objectif : transmettre un vocabulaire rythmique et stylistique issu des musiques créoles. Le trio invité a conduit une masterclass avec les élèves de l’école de musique intercommunale de Beauséjour, en s’appuyant sur un répertoire profondément ancré dans les traditions antillaises. Les participants ont travaillé la rythmique de la biguine et le washer, ce mouvement technique qui reproduit l’élan de la main droite à la guitare et confère ce balancement si caractéristique aux musiques des Antilles.
« J’avais choisi des morceaux plutôt dans un style très caribéen pour pouvoir partager cette musique avec tous les gens qui sont ici. »
Cette orientation assumée a permis d’ouvrir des passerelles concrètes entre les héritages martiniquais et guadeloupéens, et la scène réunionnaise, riche elle aussi de traditions percussives et de métissages.
Une restitution pour boucler la boucle
Le lendemain, samedi 27 juin, la résidence s’est achevée par une restitution publique organisée par l’école de musique. À partir de 17 heures, les élèves ont rejoint le trio sur scène pour donner à entendre le chemin parcouru. L’exercice, préparé en amont, a pris la forme d’un échange vivant : motifs rythmiques, appels-réponses et mises en place collectives ont dessiné une cartographie sensible de ces trois semaines d’apprentissage.
Résonances locales, échos caribéens
Au-delà du plaisir d’écoute, cette résidence a agi comme un laboratoire de transmission. Les élèves, immergés dans des pratiques venues d’outre-Atlantique, ont appréhendé d’autres façons de phraser, de faire respirer les tempi, de laisser la pulsation circuler entre les pupitres. Pour la scène réunionnaise, l’invitation de musiciens reconnus comme Mario Canonge, Michel Alibo et Arnaud Dolmen s’inscrit dans une dynamique d’ouverture qui nourrit les parcours des jeunes instrumentistes et renforce les liens entre bassins culturels créoles.
Une soirée en points d’orgue
- Un concert à la Cité des Arts de Saint-Denis mêlant jazz, improvisations et rythmes caribéens, avec des extraits de Caldeira.
- Une restitution portée par les élèves du département de percussions de Beauséjour, sous la houlette de Christophe Chrétien et aux côtés d’Emmanuel Félicité.
- Un travail pédagogique axé sur la biguine et le washer, ouvrant un dialogue entre traditions antillaises et pratiques locales.
Repères
| Date | Événement | Lieu / Organisateur |
|---|---|---|
| 26 juin 2026 | Concert du Mario Canonge Trio (avec extraits de Caldeira) | Cité des Arts, Saint-Denis |
| 27 juin 2026 | Restitution publique avec les élèves | Organisée par l’école de musique intercommunale de Beauséjour |
Un pont entre scènes
Cette séquence aura permis d’articuler, sans démonstration appuyée, la virtuosité scénique d’un trio affûté et l’exigence patiente de la pédagogie. En invitant le public à suivre toute la chaîne — des ateliers à la scène —, la résidence a donné du relief au geste musical et souligné l’importance de ces rencontres au long cours. Entre Saint-Denis et Beauséjour, entre Antilles et océan Indien, la musique a circulé, généreuse, au service d’une même curiosité.