Un festival plébiscité mais coûteux pour les finances locales
Le festival Montauban en Scènes continue de remplir les gradins — la manifestation attire environ 30 000 spectateurs — mais pose une question centrale au conseil d'agglomération : quel est le coût réel pour le contribuable montalbanais ? Lors de la dernière séance, une question orale de Brigitte Lamouri (opposition) a relancé le débat sur le dispositif financier entourant l'événement.
Face aux élus, l'opposition a rappelé les chiffres des années récentes : en 2024, les dépenses de fonctionnement se montaient à 1,8 M€ pour des recettes d'1 M€, conduisant selon le rappel effectué à un déficit de 874 000 €. Pour 2025, l'argument avancé est que le paiement de contrats artistiques à hauteur de 900 000 € laisse présager un coût global encore élevé pour la collectivité.
« Le festival est un réel succès avec 30 000 spectateurs mais quel est le coût réel pour le contribuable montalbanais ? »
En réponse, Bernard Loustaunau, en charge des finances, a confirmé l'existence d'un déficit structurel de l'ordre de 600 000 à 700 000 €. Il a détaillé une estimation des coûts fixes nécessaires au bon déroulement du festival : sur un montant initial évalué à 500 000 €, on retrouve notamment :
- 80 000 € de sécurité,
- 200 000 € pour une scène et une sonorisation de qualité,
- 130 000 € de location de matériel,
- 80 000 € de publicité et communication,
- 50 000 € d'électricité et d'eau.
Côté recettes, les premiers chiffres évoqués évaluent la billetterie à 630 000 €, les partenariats à 400 000 € et le « village » à 70 000 €, sans compter les aides de la Région et du Département. Les dépenses artistiques, porteuses d'attractivité, ont quant à elles représenté 900 000 €, générant un chiffre d'affaires estimé à 1,1 M€.
| Postes | Montants |
|---|---|
| Dépenses fonctionnement (2024) | 1,8 M€ |
| Recettes (2024) | 1 M€ |
| Déficit évoqué (2024) | 874 000 € |
| Déficit reconnu (estimation) | 600 - 700 000 € |
| Contrats artistes (2025) | 900 000 € |
Le vice-président a aussi souligné les retombées culturelles et économiques parfois difficiles à chiffrer précisément, et mis en perspective la situation avec d'autres festivals régionaux dont le coût net pour la collectivité varie selon les exemples cités (Aurillac, Agen, Cahors). Selon un cabinet d'experts évoqué en séance, certaines manifestations plus importantes peuvent générer des retombées significatives, citant un exemple national (Harry Potter) chiffré à 10 M€ de retombées.
En filigrane, la solution avancée pour limiter l'impact sur les budgets locaux tient en deux axes : mutualiser davantage les moyens et rechercher des gains d'économie sur des postes techniques et logistiques. Les élus ont pour tâche maintenant d'affiner l'analyse coût/bénéfices du festival et d'examiner des leviers pour réduire la part supportée par la collectivité, tout en préservant l'attractivité culturelle de Montauban.