Un verrou environnemental qui conditionne le contournement
Le projet du barreau centre d'Orthez, destiné à améliorer la fluidité du trafic et à soulager la rue des Capucins, reste au point mort pour une raison précise : il manque 5 hectares de terrains destinés aux compensations environnementales. Cette exigence, présentée par les techniciens du Département lors d'une réunion municipale fin juillet, a été rappelée par le maire Benjamin Moutet devant le conseil départemental.
Le chantier, engagé administrativement depuis la signature de la DUP en 2014, exige au total 10 hectares de zones de compensation — mares, ruisseaux ou autres milieux humides — pour compenser l'artificialisation des sols liée aux travaux. Le Département affirme avoir déjà localisé 5 hectares ; il en resterait donc autant à identifier pour respecter les obligations réglementaires.
« On se donne un an pour trouver ces 5 hectares. Sinon, il faut laisser tomber ! »
Le maire a précisé que la municipalité prospecte plusieurs pistes, dont le camping municipal traversé par un ruisseau, et examine la possibilité d'hectares situés sur la commune de Sainte‑Suzanne. Les terrains retenus doivent en outre se situer dans un périmètre défini : un rayon de 20 km autour de l'ouvrage.
- Objectif : localiser 5 hectares compatibles avec la compensation écologique.
- Délai : un an accordé par la municipalité.
- Contrainte : conformité des terrains (présence d'eau, potentiel de restauration écologique) et proximité géographique.
Le calendrier et le coût du projet pèsent lourdement sur la décision. Depuis 2014, l'estimation financière a quasiment doublé : la facture globale est passée d'environ 7 millions d'euros à 14 millions aujourd'hui. Pour la commune, la participation passe de 1,5 million en 2022 à 3 millions actuellement. Malgré ces hausses, le maire indique avoir reçu une confirmation orale que le Département maintiendrait une participation de 8 millions d'euros — un engagement à consolider formellement avant le lancement des travaux.
Confrontée à cette urgence foncière, l'équipe municipale appelle l'ensemble des élus et propriétaires à la vigilance : tout terrain mis en vente dans le secteur susceptible d'accueillir des zones humides doit être signalé. Les services du Département devront ensuite expertiser ces parcelles pour vérifier leur aptitude à remplir la fonction de compensation écologique.
| Élément | Chiffres cités |
|---|---|
| Hectares de compensation nécessaires | 10 ha (5 identifiés, 5 manquants) |
| Rayon d'acceptation des terrains | 20 km |
| Coût estimé 2014 / aujourd'hui | 7 M€ → 14 M€ |
| Participation communale | 1,5 M€ (2022) → 3 M€ (aujourd'hui) |
| Participation départementale annoncée | 8 M€ (confirmation orale) |
Si la recherche aboutit dans les douze mois, le dossier pourrait retrouver une dynamique et permettre le lancement des travaux. À l'inverse, le risque d'abandon plane si les parcelles adéquates ne sont pas identifiées : outre l'arrêt du projet, cela poserait la question de la gestion durable de la circulation en centre‑ville et de l'impact sur l'attractivité économique du Béarn nord.
Pour l'heure, la municipalité multiplie les rencontres avec les services départementaux et le conseil consultatif afin de recenser les opportunités foncières. Les propriétaires concernés ou les élus locaux qui disposent d'informations utiles sont invités à se rapprocher de la mairie, alors que le compte à rebours est lancé.