Une saison lancée avec une nouvelle direction et des priorités claires
L’ouest des Vosges ouvre sa saison touristique avec un message sans ambiguïté: ce territoire n’est pas seulement une étape, il attire et veut fidéliser. À Neufchâteau, l’office de tourisme démarre sous la houlette de Marion Martin, nouvelle directrice, avec une feuille de route articulée autour du vélotourisme, de la mise en valeur du patrimoine et d’outils pour prolonger les séjours.
Une attractivité internationale souvent sous-estimée
Contrairement aux idées reçues qui concentrent l’attention sur les Hautes Vosges, l’ouest du département capte une part notable de clients venus d’ailleurs. La fréquentation étrangère y représente 35 % des visites, portée notamment par les Néerlandais, Allemands et Belges flamands. Cette dynamique s’appuie sur des itinéraires cyclables structurants, comme La Meuse à Vélo et la Véloroute Euro19, et sur un ensemble de sites culturels et naturels qui incitent à faire étape puis à prolonger la découverte.
« Les Néerlandais, les Allemands et les Belges flamands en sont les principaux représentants »
Les chiffres de fréquentation témoignent d’un socle solide pour cette stratégie, avec des lieux patrimoniaux qui fédèrent les visites et alimentent les retombées économiques locales.
Patrimoine, nature et deux-roues: des atouts complémentaires
Le territoire mise sur la combinaison entre activités de plein air et richesse patrimoniale. Quelques repères utiles:
- 29 randonnées pédestres répertoriées et une voie verte comme colonne vertébrale des mobilités douces.
- 6 pelouses calcaires, milieux naturels remarquables qui enrichissent l’offre nature.
- 5 boucles cyclosportives et 9 structures labellisées Accueil Vélo pour sécuriser l’accueil des cyclistes.
- Des pôles patrimoniaux majeurs: le site de Grand et la Maison natale de Jeanne d’Arc.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Part de visiteurs étrangers | 35 % |
| Visiteurs à Grand (dernier comptage) | 18 776 |
| Visiteurs à la Maison natale de Jeanne d’Arc | 21 112 |
| Durée moyenne de séjour | 2,6 jours |
| Randonnées répertoriées | 29 |
| Structures Accueil Vélo | 9 |
Objectif: gagner une journée supplémentaire
Si la base est solide, la marge de progression est clairement identifiée: la durée moyenne des séjours plafonne à 2,6 journées. L’ambition est d’ajouter une journée en s’appuyant sur des thématiques renouvelées et une meilleure mise en récit des parcours.
« Nous devons proposer de nouvelles découvertes, de nouvelles thématiques, qui permettent aux touristes de se fixer une journée supplémentaire, tout en valorisant le vélotourisme en surfant sur la vague la Meuse à Vélo »
La direction confirme également le développement du « pass Vosges » et un accompagnement numérique renforcé. L’objectif: faciliter l’itinérance à vélo, rendre l’offre plus lisible et encourager la réservation d’activités complémentaires, afin d’augmenter la dépense moyenne par visiteur tout en distribuant les flux sur l’ensemble du territoire.
Impact local: commerces, hébergeurs et sites en première ligne
Pour les professionnels, l’enjeu est tangible. Un séjour allongé d’une journée, même à panier moyen constant, se traduit par davantage de repas pris sur place, de nuitées en hébergements, de locations de vélos et de visites payantes. Les prestataires labellisés Accueil Vélo bénéficient directement d’un public dont les attentes sont précises: sécurité des itinéraires, services de réparation ou de recharge, consignes pour les bagages, informations claires sur les boucles à proximité.
Les sites comme Grand et la Maison natale de Jeanne d’Arc constituent des portes d’entrée évidentes pour construire des séjours thématiques: patrimoine antique, histoire médiévale, paysages de pelouses calcaires et itinéraires champêtres. La diversité des 29 boucles de randonnée et des 5 circuits cyclosportifs autorise des combinaisons sur deux à trois jours, avec une montée en puissance possible si les offres sont agrégées au sein d’un même parcours.
Rail, fleuve et vélo: une logique d’itinérance
L’adossement aux grands itinéraires que sont La Meuse à Vélo et la Véloroute Euro19 permet de capter une clientèle qui circule déjà en itinérance transfrontalière. En amenant ces cyclotouristes à faire halte, puis à rayonner, l’ouest vosgien diversifie ses retombées: consommation dans les bourgs, valorisation des sites naturels sensibles comme les pelouses calcaires (avec une nécessaire pédagogie sur leur fragilité), et meilleure saisonnalité, puisque le vélo étire la période d’activité au-delà des seuls pics estivaux.
Prochaine étape: rendre l’offre plus lisible
La lisibilité et l’agrégation des propositions seront décisives. La montée en puissance du pass Vosges peut simplifier l’accès à une palette d’expériences: entrée de musées, visites guidées, location de vélos, navettes ou avantages chez les partenaires. L’accompagnement numérique annoncé vise, lui, à répondre aux usages d’une clientèle étrangère déjà bien présente, pour qu’elle trouve rapidement l’information, planifie et réserve, en français comme en langues étrangères. Autant de leviers pour convertir une halte en véritable séjour, avec un bénéfice direct pour l’économie locale.
Le pari d’un territoire complet
Entre voies douces, patrimoine reconnu et accueil calibré pour les cyclistes, l’ouest vosgien joue la carte d’un territoire complet. Les indicateurs cités, conjugués à une demande européenne forte pour les mobilités douces, donnent des bases solides à la stratégie annoncée. Reste à transformer l’essai: renforcer la lisibilité de l’offre, mailler les acteurs, et faire de ces 2,6 jours de présence une moyenne dépassée dès cette saison.