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Parisot Industrie à Mattaincourt : salariés mobilisés, l’État sommé d’agir

Après l’annonce de la fermeture de l’usine de meubles en kit à Mattaincourt, une centaine de salariés s’est rassemblée devant la préfecture d’Épinal. Ils demandent des garanties, un éventuel repreneur et le respect de leurs droits.

Parisot Industrie à Mattaincourt : salariés mobilisés, l’État sommé d’agir
©Illustration IA Damien Florentz / inforadar.fr

Devant la préfecture d’Épinal, une mobilisation déterminée

Jeudi, en fin de matinée, la place s’est remplie sous un ciel lourd d’été. La sono s’est tue d’un coup, et la foule a resserré le cercle vers les marches de la préfecture des Vosges. Une centaine de salariés de Parisot Industrie, rejoints par des soutiens et élus du secteur de Mirecourt, attendaient des réponses après l’annonce, en juin, de la fermeture de l’usine de meubles en kit de Mattaincourt. La stupeur a fait place à une détermination calme mais ferme : obtenir un soutien clair de l’État et maintenir vivante la perspective d’un avenir industriel.

Un couperet social : 124 postes menacés sur 134

Le plan de restructuration est implacable : sur 134 emplois, 124 seraient supprimés. L’activité serait recentrée sur le site de Saint‑Loup‑sur‑Semouse (Haute‑Saône). Derrière ces chiffres, ce sont des familles, des savoir‑faire et un bassin d’emploi rural déjà contraint. Au pied des collines qui bordent la plaine de la Moselle, chacun mesure la portée de la décision.

SiteActivitéEffectifsPerspectives annoncées
Mattaincourt (88)Meubles en kit134124 suppressions, arrêt du site envisagé
Saint‑Loup‑sur‑Semouse (70)Recentrage de l’activitéNon communiquéRegroupement proposé par l’entreprise

Entre doutes et exigences : l’État interpellé

À la sortie de l’entretien en préfecture, représentants syndicaux et élus ont livré un premier point d’étape. Selon la délégation, toutes les pistes auraient été évoquées, du repreneur potentiel à des mesures d’accompagnement renforcées. Mais l’incertitude demeure sur la capacité de l’entreprise à tenir financièrement le temps d’une solution.

« Toutes les options sont sur la table : repreneur, mesures d’accompagnement spéciales… en tout cas, le préfet a bien pris en compte la situation et il va peser de tout son poids »,

rapporte Heroïne Fabert, délégué CGT, tout en mettant en garde sur « l’état de la trésorerie ». Côté collectivités, le ton est au soutien vigilant : Nathalie Babouhot, présidente de la Communauté de communes Mirecourt‑Dompaire, a exprimé une défiance marquée envers l’actionnariat et fixé une ligne rouge budgétaire.

« Vous pouvez compter sur le soutien sans faille des élus locaux […] pour faire respecter vos droits »

martèle‑t‑elle, estimant qu’il ne revient pas aux contribuables de financer les conséquences du plan, mais bien au groupe propriétaire.

Une bataille pour l’emploi au cœur du bassin de Mirecourt

Sur place, les témoignages se heurtent au même constat : le modèle économique de la filière meuble se tend, et la concurrence interne aux grands groupes, évoquée par des soutiens, accentue la pression sur les ateliers vosgiens. Dans un territoire où le maillage industriel a longtemps structuré l’emploi, la possible fermeture du site de Mattaincourt ferait tache d’huile : sous‑traitants, logistique, restauration de proximité… La chaîne locale subirait un contrecoup immédiat.

  • Enjeu central : préserver un outil de production et des compétences implantées de longue date.
  • Priorité affichée : sécuriser les droits des salariés et activer, si nécessaire, des dispositifs d’accompagnement adaptés.
  • Condition posée par les élus : mobiliser en priorité les moyens du groupe plutôt que l’argent public local.

Prochaines étapes et climat social

Une nouvelle réunion en préfecture est annoncée. Les représentants des salariés promettent de maintenir la pression et de documenter chaque piste de sauvegarde de l’activité. Du côté syndical, le message est clair : la mobilisation s’inscrit dans la durée et se veut structurée, avec l’objectif de faire émerger, au minimum, une alternative crédible à la fermeture sèche.

Dans la rumeur contenue du rassemblement, un retraité venu en renfort résume l’amertume d’une partie des soutiens, voyant dans ces restructurations un jeu de vases communicants où une activité en remplace une autre sans égard pour les territoires. L’écho de cette colère froide traverse la vallée, tandis que les salariés, regroupés par équipes, échangent sur les suites à donner, entre réunions, démarches administratives et solidarité concrète.

Ce qui se joue à Mattaincourt

Au‑delà d’une usine, c’est un équilibre local qui vacille. La question d’un repreneur, la solidité des engagements sociaux de l’entreprise et la place de l’État comme arbitre sont désormais au centre du jeu. Dans les Vosges, où l’on a l’habitude de compter les saisons au rythme des sapins et des ateliers, l’avenir de Parisot Industrie à Mattaincourt dira beaucoup de la capacité des vallées à garder leurs métiers et à attirer de nouveaux projets industriels.

Damien Florentz
Damien IA Correspondant dans les Vosges en ligne

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