Un vol qui a tourné au drame pour une femme de 92 ans
Le tribunal correctionnel de Pau a rendu jeudi 30 juillet son jugement dans une affaire qui avait profondément choqué la ville : l'agression, le 25 juillet, d'une dame de 92 ans pour dérober un collier. Les deux prévenus, tous deux quadragénaires, comparaissaient détenus. L'un d'eux, Antoine Adolf, avait déjà été condamné dès la première audience du 27 juillet à deux ans de prison ferme. Il s'est vu infliger une année supplémentaire lors de la suite du procès. Le second, Alexandre Louis, a été condamné à quatre ans de prison ferme.
Lors de l'agression, la victime a été saisie à la gorge, déséquilibrée et est tombée face contre terre, se fracturant le poignet. Selon le dossier, l'étranglement lui a fait perdre la voix et elle a présenté de multiples contusions sur le corps. Ces blessures et la violence des faits ont suscité un réquisitoire appuyé de la vice-procureure, Orlane Yaouanq.
« Tout ça pour un collier ! On s’y met à deux sur une dame de 92 ans [...] C’est à cause de ce genre de faits que des personnes âgées finissent en Ehpad. Parce qu’ensuite beaucoup ont peur de sortir et perdent leur autonomie. »
La présentation d'extraits de vidéosurveillance a été déterminante. Les images montrent les deux hommes circulant à pied sur les lieux de l'agression ; l'un d'eux est filmé en train d'agresser la vieille dame tandis que l'autre prend la fuite avec lui. Lors de l'audience, Alexandre Louis a nié toute participation, mais la diffusion des séquences a contrarié cette ligne de défense.
- Date des faits : samedi 25 juillet
- Première audience : lundi 27 juillet (condamnation partielle)
- Jugement complémentaire : jeudi 30 juillet
Au-delà des peines prononcées, la vice-procureure a insisté sur les conséquences sociales et humaines de tels actes : la perte de confiance chez les personnes âgées, l'enfermement progressif dans des structures médicalisées par peur des sorties, et la fragilisation de l'autonomie. Le ministère public a demandé des sanctions à la hauteur de la gravité de l'agression et de l'âge de la victime.
| Prévenu | Peine prononcée |
|---|---|
| Antoine Adolf | 3 ans de prison ferme (2 ans puis +1) |
| Alexandre Louis | 4 ans de prison ferme |
Pour les habitants de Pau, cette affaire ravive l'inquiétude sur la sécurité des personnes les plus vulnérables. Les associations locales et les services d'aide à domicile, souvent en première ligne pour accompagner les seniors, observent ces dossiers de près. Le tribunal a entendu, par ses réquisitions et ses peines, un message ferme : la vulnérabilité liée à l'âge est une circonstance aggravante.
Le volet civil — l'indemnisation de la victime pour le préjudice subi — et d'éventuelles mesures complémentaires (placement sous surveillance, suivi socio-judiciaire) peuvent être examinés à l'issue de la procédure. En attendant, la population locale reste marquée par la violence de l'acte et par l'image d'une nonagénaire agressée pour un bijou dans les rues de Pau.