Mobilisation locale après l'affaire Lyhanna : un appel à transformer le système
Ce samedi 4 juillet, une centaine de personnes ont défilé dans les rues de Perpignan, de la place de la Victoire jusqu'au palais de justice, à l'appel du Collectif droits des femmes 66. Le rassemblement s'inscrit dans une journée de marches organisées dans plusieurs villes de France, après le meurtre et le viol de la fillette Lyhanna, 11 ans, à la fin du mois de mai, qui a relancé le débat sur les réponses judiciaires et sociales aux violences sexuelles.
Les participantes et participants ont scandé des slogans et porté des revendications claires : l'adoption immédiate d'une « loi-cadre-intégrale » pour lutter contre les violences sexuelles et sexistes, accompagnée d'un budget de 3 milliards d'euros, plutôt que des mesures fragmentaires dictées par l'émotion médiatique ou des réponses exclusivement répressives.
« Nous marchons ce matin la douleur au cœur, mais le poing levé, en mémoire de tous les enfants et femmes victimes d’agressions sexuelles. Nous sommes là pour crier une colère légitime face à un système qui protège les agresseurs et condamne les victimes au silence. »
Les organisateurs se réfèrent à une proposition déposée en décembre par une coalition de 150 organisations — un texte regroupant 78 mesures inspirées notamment du modèle espagnol. Le collectif local a aussi rappelé des chiffres préoccupants mis en avant par des experts : d'après un rapport du Conseil de l'Europe (GREVIO), 94 % des affaires de viol seraient classées sans suite en France, une statistique invoquée pour défendre l'urgence d'un changement de paradigme.
Revendiquer des réponses globales et des moyens
Sur le parcours, les prises de parole ont insisté sur plusieurs axes qui, selon le collectif, doivent être traités simultanément :
- mettre en place un dispositif global de prévention et de prise en charge des victimes ;
- allouer des moyens financiers suffisants (réclamés à hauteur de 3 milliards d'euros) pour les structures d'accueil et les services sociaux et judiciaires ;
- réformer les pratiques judiciaires pour que le consentement ne se présume jamais et que les victimes soient mieux protégées ;
- éviter les réponses purement symboliques ou répressives avancées par certains courants politiques.
La marche perpignanaise, d'ampleur modeste mais déterminée, illustre l'ampleur du mouvement national. Les organisateurs assurent qu'ils poursuivront les actions de sensibilisation et de pression politique « tant qu'il le faudra » afin d'obtenir une réforme profonde.
| Éléments | Chiffres cités |
|---|---|
| Participants à Perpignan | ~100 |
| Proposition portée par les organisations | 78 mesures |
| Organisations impliquées au niveau national | 150 |
| Budget réclamé | 3 milliards € |
| Taux d'affaires classées sans suite (GREVIO) | 94 % |
Cette mobilisation intervient dans un contexte où les débats nationaux pèsent sur l'agenda local : associations victorieuses d'actions de sensibilisation, services sociaux départementaux et magistrats doivent désormais composer avec une demande citoyenne accrue pour des réponses claires et des moyens pérennes. À Perpignan comme ailleurs dans les Pyrénées-Orientales, les prochains mois seront sans doute marqués par des initiatives de la société civile visant à pousser les pouvoirs publics à transformer la politique de prévention et de réparation des violences sexuelles et sexistes.
La coalition locale promet de rester active — marches, prises de parole et propositions concrètes — jusqu'à l'adoption d'une réforme jugée à la hauteur des enjeux.