Une identité industrielle moins connue mais structurante
Si Le Puy‑en‑Velay évoque encore la mémoire de la dentelle, l'économie contemporaine de la Haute‑Loire s'est orientée vers des activités bien différentes. Dans plusieurs bassins du département, notamment à Sainte‑Sigolène, des entreprises spécialisées transforment le plastique et filent des fibres à usage technique.
Ces savoir‑faire se traduisent par une diversité de produits : mousses destinées à l'isolation acoustique, composants pour l'automobile, pièces pour le secteur médical ou fibres pour des équipements de protection individuelle. À l'échelle départementale, plastique, agroalimentaire et textile représentent 19,2 % de l'emploi, selon l'Agreste, une part notablement supérieure à la moyenne régionale.
Des ateliers du Velay à la production technique
Le basculement du textile traditionnel vers des activités de moulinage et de retordage pour usages industriels s'est opéré sans grand retentissement médiatique. La transformation a été pragmatique : les ateliers ont adapté leurs outils pour répondre aux besoins de la filière automobile et de la protection individuelle, remplaçant progressivement la dentelle par des fibres à haute performance.
Transition environnementale : un double impératif
Le maintien de la compétitivité tout en réduisant l'impact écologique constitue un enjeu commun. Pour y répondre, des initiatives locales cherchent à accompagner les industriels dans l'analyse de leur cycle de vie. Le projet PLASCT HL, conduit par l'institut IPC avec le soutien de l'État et de la région, illustre cet effort d'accompagnement : il vise à outiller les entreprises pour mesurer et diminuer leur empreinte environnementale.
- Acteurs locaux : entreprises de plasturgie et ateliers textiles évoluant vers les fibres techniques.
- Enjeux : emploi, compétitivité et réduction des impacts environnementaux.
- Accompagnement : projets d'analyse de cycle de vie et politiques publiques à l'échelle régionale et nationale.
Un cadre national en gestation
Au niveau de l'État, un comité stratégique pour la filière plasturgie a été annoncé en juin 2026 afin de structurer un secteur fragmenté. Reste à savoir si les décisions et les moyens qui en découleront bénéficieront aux bassins ruraux comme ceux de la Haute‑Loire, ou s'ils seront captés par les grands groupes industriels.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Part de l'emploi (plastique, agroalimentaire, textile) | 19,2 % |
Pour le département, l'enjeu est clair : préserver et développer ces métiers techniques, tout en maîtrisant leur empreinte écologique, afin de garantir des emplois et préserver un tissu industriel souvent méconnu du grand public. Le défi est autant local qu'industriesque, et impliquera collectivités, centres techniques et entreprises.
Gauthier Delolme, correspondant d'InfoRadar en Haute‑Loire