Évacuation encadrée aux portes de Gap
Fin de séquence à l’ouest de Gap. À La Bâtie-Neuve, dans le secteur des Grands Marais, un important rassemblement de gens du voyage installé depuis le 28 juin sur des parcelles privées a quitté les lieux ce vendredi 3 juillet 2026. L’opération s’est déroulée sans friction, après une décision en urgence du tribunal administratif de Marseille, saisie par la préfecture à la suite d’une plainte déposée par l’un des propriétaires.
Sur place, la gendarmerie avait calibré un dispositif conséquent, prêt à intervenir si nécessaire : deux escadrons de gendarmerie mobile — soit 120 militaires — appuyés par des effectifs du groupement des Hautes-Alpes. L’évacuation n’a finalement pas nécessité d’usage de la force publique. Le préfet Philippe Bailbé a résumé la situation en notant que les occupants
« quittent les lieux dans le calme ».
Décision de justice et rappel au droit
La séquence judiciaire a confirmé plusieurs éléments clés, précisés par la préfecture : le caractère non autorisé de l’installation, la conformité du schéma départemental d’accueil et d’habitat applicable aux gens du voyage, et la possibilité de recourir, si besoin, au concours de la force publique. Dans son communiqué, l’État souligne que l’action a été menée en respectant les personnes et les décisions rendues, tout en protégeant la propriété privée et les intérêts des exploitants touchés par l’occupation de leurs terrains.
Extraits des points actés par la décision :
« caractère illicite de l’installation »et cadre légal permettant une évacuation rapide. Côté rassemblement, Eddy, l’un des participants de ce rendez-vous à caractère évangélique, a exprimé sa déception de devoir lever le camp plus tôt que prévu, dénonçant
« le racisme dont on fait l’objet ».
Un épisode qui rappelle un casse-tête estival
Chaque début d’été ravive dans le Gapençais la même équation : flux saisonniers de groupes itinérants, disponibilité des aires dédiées et pression sur la propriété privée. Si la procédure a cette fois abouti rapidement, elle met en lumière un équilibre fragile entre libertés de circulation, exigences d’accueil et préservation d’outils de travail agricoles. L’affaire des Grands Marais n’échappe pas à ce triptyque : droit de propriété, cadre réglementaire et réalités de terrain se sont télescopés durant une semaine.
Au-delà de l’incident clos, plusieurs chantiers se dessinent côté acteurs locaux : s’assurer de l’effectivité des solutions prévues au schéma départemental, maintenir une coordination fluide entre communes, intercommunalités et services de l’État, et limiter les tensions récurrentes avec les riverains et agriculteurs quand les stationnements débordent des cadres autorisés.
Ce que l’on sait, sans extrapoler
- 240 caravanes et véhicules ont été comptabilisées par les forces de l’ordre lors de l’installation du 28 juin.
- L’évacuation est intervenue le 3 juillet 2026, après décision en référé confirmant la procédure d’urgence.
- Dispositif de sécurité prépositionné : 120 gendarmes (deux escadrons) et des personnels départementaux mobilisés.
La préfecture insiste sur la protection de la dignité des personnes et des « droits de chacun », tout en rappelant la nécessité de préserver les surfaces agricoles et les propriétés privées, dont certaines ont été dégradées selon les constats rapportés par l’État. Les forces de l’ordre, elles, soulignent la coopération observée au moment du départ.
Repères chiffrés
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Date d’installation | 28 juin 2026 |
| Lieu | Grands Marais, entrée ouest de La Bâtie-Neuve (près de Gap) |
| Volume | ~240 caravanes et véhicules |
| Forces engagées | 2 escadrons (environ 120 militaires) + groupement 05 |
| Cadre | Décision en urgence du tribunal administratif de Marseille |
Et maintenant ?
L’épisode s’achève sans heurts, mais il laisse en suspens les questions habituelles d’aménagement et d’anticipation. Les communes de l’aire gapençaise, régulièrement confrontées à ces arrivées, devront à nouveau conjuguer places disponibles, circulation de groupes importants et contraintes foncières. Les agriculteurs et propriétaires impactés attendent un retour rapide à la normale sur les prairies concernées, tandis que les services de l’État se préparent déjà à d’éventuels mouvements estivaux similaires.
Sur le terrain, le mot d’ordre reste le même : appliquer le droit, tenir compte des réalités locales et éviter l’escalade. Cette fois, l’équation a tenu. Reste à la résoudre durablement, été après été, dans le bassin de Gap.