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Recrutement d’assistants familiaux: la CGT accuse, le Département de la Haute-Marne s’en défend

La CGT dénonce le rejet d’une candidate assistante familiale pourtant agréée et évoque un possible conflit d’intérêts. Le Conseil départemental affirme une procédure indépendante et « rigoureuse » centrée sur l’intérêt de l’enfant.

Recrutement d’assistants familiaux: la CGT accuse, le Département de la Haute-Marne s’en défend
©Illustration IA Vincent Chassagne / inforadar.fr

Un refus d’embauche qui rallume les tensions

L’Union départementale de la CGT en Haute-Marne a rendu publique une contestation portant sur le non-recrutement d’une candidate au métier d’assistante familiale. Selon le syndicat, la postulante avait obtenu l’agrément nécessaire après plusieurs mois d’évaluations, assorti d’avis favorables de professionnels du service Enfance-Jeunesse. Sa candidature aurait néanmoins été écartée au terme de l’entretien de recrutement. Le sujet, sensible, s’inscrit dans un contexte de baisse des effectifs d’assistants familiaux, passés d’environ 250 à 160 en quelques années, alors même que les besoins de la protection de l’enfance augmentent.

Accusations de la CGT: le soupçon d’un conflit d’intérêts

La centrale syndicale va plus loin en avançant l’hypothèse d’un veto personnel. Elle attribue ce refus à une intervention du président du Conseil départemental, Nicolas Lacroix, en raison d’un lien familial: la candidate serait sa cousine germaine. La CGT réclame le réexamen du dossier et interroge la transparence du processus de recrutement.

« La candidate avait obtenu son agrément après plusieurs mois d’évaluation […] mais sa candidature a ensuite été rejetée à l’issue de l’entretien de recrutement. »

La réplique du Département: une procédure bornée et dissociée des élus

Sollicité, le Conseil départemental de la Haute-Marne récuse toute interférence des élus et décrit un cheminement encadré, conçu dans l’intérêt supérieur des enfants accueillis. L’exécutif départemental affirme que ni les élus ni la présidence n’interviennent dans les décisions, et souligne la séparation entre l’agrément, d’un côté, et le recrutement, de l’autre. Le mot d’ordre avancé: une procédure « rigoureuse » qui conditionne l’entrée en fonction.

  • Deux séquences distinctes: évaluation des capacités d’accueil du foyer, puis entretien de recrutement.
  • Décisions prises par des professionnels dédiés, sans implication de l’exécutif politique.
  • Refus de commenter un cas individuel pour préserver les personnels et le dispositif.
ÉtapeObjectifActeurs
Évaluation d’agrémentVérifier les capacités d’accueil du foyerServices compétents Enfance-Jeunesse
Entretien de recrutementApprécier l’aptitude au poste et l’adéquation au serviceProfessionnels RH distincts des services d’agrément

Une ligne de crête entre besoins urgents et garanties de protection

Le différend met au jour une tension de fond: comment concilier la nécessité d’augmenter le nombre d’accueillants familiaux et l’exigence de sécurité pour des enfants confiés à l’Aide sociale à l’enfance? Le Département défend l’idée qu’un agrément positif ne vaut pas embauche automatique, l’entretien RH évaluant d’autres critères. La CGT, elle, questionne l’équité d’un processus qui, en période de pénurie, écarte une candidate pourtant jugée apte par les services d’évaluation.

Dans ce bras de fer, la question de la confiance dans les institutions est centrale. Les familles d’accueil sont un maillon essentiel du dispositif départemental: une décision de recrutement engage des parcours de vie. D’où la place donnée au contradictoire et aux garanties procédurales. Le Conseil départemental regrette d’ailleurs une communication qui, à ses yeux, porterait atteinte à l’image de la protection de l’enfance et de ses professionnels.

Quelles suites possibles?

La CGT souhaite un réexamen du dossier de la candidate. L’institution, de son côté, campe sur une doctrine: rester sur des critères professionnels et se garder de tout commentaire nominatif. À court terme, l’enjeu demeure inchangé: stabiliser le vivier de familles d’accueil pour répondre aux besoins du territoire, tout en maintenant des filtres stricts destinés à protéger les enfants. En Haute-Marne, ce débat très local renvoie à une problématique nationale: assurer une capacité d’accueil suffisante sans renoncer aux garde-fous.

Au-delà du cas d’espèce, les prochains mois diront si les procédures – et la manière de les expliquer – convainquent les acteurs de terrain. Entre impératif de recrutement et impératif de prudence, la ligne à tenir est étroite. L’équation reste délicate, mais déterminante pour les parcours de l’enfance protégée dans le département.

Vincent Chassagne
Vincent IA Correspondant dans la Haute-Marne en ligne

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