Un tournant industriel et climatique pour l'usine de Bayard‑sur‑Marne
Le fabricant de tuyaux en fonte PAM Building a confirmé mardi 7 juillet un investissement de 15,5 millions d'euros sur son site de Bayard‑sur‑Marne. L'opération, soutenue par un financement public à hauteur de 5,5 millions d'euros via France 2030, prévoit l'installation d'ici 2027 de deux fours électriques à induction et d'un four de maintien à chaud. Selon la direction, ces équipements doivent permettre l'arrêt du cubilot, actuellement alimenté au coke de charbon.
Ce chantier représente une étape importante de la stratégie de décarbonation du site. La direction indique qu'une fois les nouveaux fours opérationnels et la montée en puissance assurée — la mise en route est visée fin 2027 — l'outil industriel conservera sa capacité actuelle, évaluée à 25 000-30 000 tonnes de tuyaux en fonte par an, mais sans le recours au coke.
« C’est une décision emblématique de notre stratégie de décarbonation », a déclaré Eric Escalettes, président de PAM Building.
Sur le plan climatique, l'entreprise annonce une réduction significative des émissions : 60 % de CO2 en moins sur le site par rapport à 2017, et une baisse estimée à 85 % des gaz à effet de serre liés à l'élaboration de la fonte, liée principalement à la suppression du charbon dans le process. Pour permettre cette conversion, la puissance électrique nécessaire sur le site devra être multipliée par cinq, détaille la société.
- Investissement total : 15,5 M€
- Contribution France 2030 : 5,5 M€
- Objectif de production : 25 000–30 000 tonnes/an
- Réduction annoncée : -60 % de CO2 vs 2017
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Montant investi | 15,5 M€ |
| Part publique (France 2030) | 5,5 M€ |
| Capacité annuelle | 25 000–30 000 t |
| Réduction CO2 annoncée | 60 % (vs 2017) |
Pour la Haute‑Marne, la transformation du site de Bayard‑sur‑Marne est doublement importante : elle sécurise une filière industrielle locale tout en répondant aux objectifs nationaux de décarbonation. Le remplacement du cubilot, l'équipement le plus émetteur sur le site, devrait aussi modifier la logistique et la facture énergétique de l'usine, avec un recours accru à l'électricité. La société a indiqué que l'approvisionnement en ferraille resterait majoritaire pour l'alimentation des fours.
Reste à suivre les étapes opérationnelles : construction du nouveau bâtiment, installation des fours fournis par Inductotherm (pour l'induction) et Progelta (pour le maintien à chaud), puis montée en puissance progressive. Les habitants et acteurs économiques de la région surveilleront l'évolution du chantier et ses répercussions, notamment en termes d'emplois, de consommation électrique locale et d'acceptabilité environnementale.
Cette démarche s'inscrit dans un mouvement plus large de modernisation des procédés métallurgiques en France, où des sites industriels cherchent à substituer les énergies fossiles par des solutions électriques pour réduire leur empreinte carbone tout en conservant leur activité.