Une rentrée maintenue mais sous pression
La rentrée s'est bien déroulée mardi dans les écoles de Saint-Benoît, sur la côte est de l'île, mais elle se fait dans un climat d'inquiétude. À l'ombre des filaos et des bâtiments scolaires dispersés le long des routes communales, la municipalité a dû réorganiser l'encadrement des élèves après une chute importante du nombre de contrats Parcours emploi compétences (PEC) attribués par l'État.
Alors que les services essentiels — notamment la restauration scolaire et l'accueil périscolaire — sont maintenus, le taux d'encadrement a été revu à la baisse. La municipalité alerte sur la suite de l'année : la fin prochaine d'une trentaine de contrats pourrait rendre la situation plus tendue, et le mois d'octobre est annoncé comme potentiellement « critique » par le maire.
"Cette baisse drastique de plus de deux tiers impacte lourdement notre capacité à assurer un encadrement adéquat dans nos écoles et nous contraint à revoir notre organisation"
Cette mise en garde émane de la mairie, qui rappelle que la Ville disposait de 95 PEC en 2025. Pour la rentrée 2026, seuls 34 contrats ont été accordés par la Préfecture, une réduction massive qui oblige à des arbitrages locaux.
| Année | Nombre de PEC |
|---|---|
| 2025 | 95 |
| 2026 | 34 |
| Mesures complémentaires | +15 (Département), 12 CDD financés par la Ville/Caisse des Écoles |
Pour limiter l'impact de la baisse, le Département est intervenu en urgence en octroyant 15 PEC supplémentaires, qui seront effectifs à compter du 1er septembre. Par ailleurs, la Ville et la Caisse des Écoles ont financé 12 CDD malgré des contraintes budgétaires déjà fortes.
Les mesures mobilisées et les limites
- Activation de tous les leviers locaux pour renforcer les équipes (recours à CDD, coordination avec la Caisse des Écoles).
- Appel au renfort du Département avec l'octroi de 15 PEC supplémentaires à compter du 1er septembre.
- Révision des organisations d'encadrement et adaptation des taux pour maintenir les services essentiels.
Malgré ces mesures, la mairie reconnaît que la capacité d'encadrement reste fragilisée. Les collectivités locales font face à une décision préfectorale qui réduit fortement les quotas nationaux de PEC, un dispositif vital pour de nombreuses communes ultramarines où ces contrats contribuent au fonctionnement quotidien des services scolaires et périscolaires.
À Saint-Benoît, où les distances entre quartiers et écoles et la diversité des besoins imposent une organisation fine, la situation sera suivie de près. Si la rentrée a pu se tenir sans fermeture d'établissements, l'exécutif municipal insiste sur la nécessité d'une vigilance accrue pour éviter que la rentrée ne se transforme en crise durable à l'approche de l'automne.
Les familles et les agents municipaux attendent désormais de savoir si d'autres mesures institutionnelles seront prises pour stabiliser l'encadrement et assurer la continuité des services pendant le reste de l'année scolaire.