Le tribunal administrative confirme un manquement lors d’un second passage aux urgences
Le tribunal administratif de Rennes a condamné l’hôpital de Saint-Brieuc à verser près de 170 000 € à une patiente originaire de Bourbriac, victime d’un retard de diagnostic lors de son passage aux urgences en avril 2018. La décision se fonde sur l’analyse des prises en charge successives et sur l’expertise médicale sollicitée par la justice.
Chronologie des faits
| Date | Événement |
|---|---|
| 26 avril 2018 | Premier passage aux urgences de l’intéressée pour des douleurs pelviennes; conclusion : pas de cause gynécologique suspectée, hypothèse d’une origine urinaire. |
| 28 avril 2018 | Deuxième passage aux urgences où la patiente est renvoyée chez elle dans la nuit. |
| 30 avril 2018 | Admission à l’hôpital privé de Plérin : une infection liée au stérilet est identifiée; plusieurs opérations sont réalisées et une antibiothérapie est prescrite. |
Selon l’expertise citée par le tribunal, la première prise en charge ne présentait pas de manquement notable. En revanche, le second passage a été considéré comme problématique et à l’origine d’un retard de diagnostic de deux jours.
« Ces manquements ont été à l’origine d’une erreur dans le diagnostic initial, laquelle a conduit à un retard de deux jours dans l’établissement du bon diagnostic. »
Critiques précises sur la conduite médicale
L’expert pointé par le tribunal estime que le médecin de garde lors du second passage aurait dû solliciter les résultats de l’examen cytobactériologique des urines (ECBU) et interroger le médecin généraliste sur la mise sous antibiotiques antérieure. L’absence de ces vérifications a, selon l’analyse, retardé la prise en charge adaptée.
Conséquences pour la patiente et pour l’hôpital
La patiente a dû subir plusieurs interventions et est restée sous traitement antibiotique jusqu’en juillet 2019. Le tribunal a retenu la responsabilité de l’hôpital pour les manquements constatés lors du second épisode aux urgences et a fixé l’indemnisation à près de 170 000 €.
- La décision interroge les procédures de suivi et de communication entre urgences et médecins traitants.
- Elle rappelle l’importance des examens complémentaires (ECBU) dans les douleurs pelviennes aiguës quand une origine infectieuse est envisagée.
- Pour les usagers briochins, l’affaire met en lumière la question de la qualité de la prise en charge aux urgences.
Le jugement du tribunal administratif de Rennes précise la nature des manquements sans pour autant remettre en cause la totalité des soins dispensés lors du premier passage. Les responsables hospitaliers n’ont pas fait l’objet d’éléments nouveaux publiés dans le dossier accessible au public ; la décision engage toutefois la responsabilité financière de l’établissement.
En l’absence de commentaire public immédiat de l’hôpital, cette condamnation ouvre un débat local sur les pratiques de vérification des examens et sur la coordination entre urgences et médecins de ville, au cœur des préoccupations des patients et de leurs familles.