Faits divers Saint-Denis La Réunion (974)

Saint-Denis: l’ex-principal du collège Juliette Dodu condamné à 13 ans de réclusion

Ancien chef d’établissement à Saint-Denis entre 2018 et 2020, Jacques Gorisse a été condamné à 13 ans de réclusion pour des viols et agressions sexuelles incestueuses sur ses filles, avec 5 ans de suivi socio-judiciaire et une interdiction définitive d’activité auprès de mineurs.

Saint-Denis: l’ex-principal du collège Juliette Dodu condamné à 13 ans de réclusion
©Illustration IA Bertrand Hoarau / inforadar.fr

Un verdict lourd pour un ancien chef d’établissement dionysien

Au terme de débats scrutés de près à Saint-Denis, la cour criminelle a condamné Jacques Gorisse, ex-principal du collège Juliette Dodu (2018-2020), à 13 ans de réclusion criminelle. La peine s’accompagne d’un suivi socio-judiciaire de 5 ans et d’une interdiction définitive d’exercer toute activité en lien avec des mineurs. L’ancien fonctionnaire, 65 ans, avait lui-même signalé ses agissements en 2020 au commissariat Malartic, avant de se présenter libre à l’audience.

Les faits retenus par la cour

La juridiction a reconnu coupable l’ex-enseignant de viols sur sa fille adoptive, commis sur une période de six mois entre 2016 et 2017 à Mayotte, alors que l’enfant avait 8 ans. Elle a également retenu des agressions sexuelles sur sa fille naturelle, survenues en métropole entre 1997 et 1999, alors que celle-ci était âgée d’une dizaine d’années. Tout au long des débats, une question a traversé la salle d’audience : a‑t‑il pu faire d’autres victimes dans son parcours d’animateur, d’instituteur puis de chef d’établissement ? L’enquête n’a pas permis de l’établir.

La motivation de la peine

La décision est venue confirmer l’axe fixé par l’accusation. L’avocate générale Léa Filippi avait requis 14 ans de réclusion, soulignant le pouvoir lié à la fonction dans l’Éducation nationale et le devoir de protection inhérent au rôle de père. La présidente Doriane Trombi a acté une sanction « à hauteur de la gravité des faits », commis sur deux victimes à quinze ans d’intervalle, en tenant compte de la carrière et de la position sociale de l’accusé. Après l’énoncé, l’ex-principal a été conduit au centre pénitentiaire.

« Ce que j’ai fait est monstrueux, horrible, et je suis bouleversé des dommages que j’ai causé à mes filles »

Au cours de l’audience, l’intéressé a une nouvelle fois reconnu, avec des précisions variables selon les épisodes, les faits pour lesquels il comparaissait.

Repères judiciaires

ÉlémentDonnée
Peine principale13 ans de réclusion criminelle
Suivi5 ans de suivi socio-judiciaire
InterdictionDéfinitive d’exercer avec des mineurs
Autodénonciation2020, commissariat Malartic
Période/lieu des viols2016–2017, Mayotte
Période/lieu des agressions1997–1999, métropole

Un choc local et des questions de prévention

Dans une ville où le collège Juliette Dodu constitue un repère éducatif, le dossier a fait naître des interrogations sur la capacité des institutions à repérer des signaux faibles lorsqu’ils surgissent hors du cadre scolaire. Les magistrats ont, eux, limité leur office aux faits établis, en rappelant le lien entre l’autorité conférée par la fonction et la vulnérabilité des victimes. La peine prononcée, assortie d’un encadrement post-carcéral strict et d’une interdiction professionnelle définitive, s’inscrit dans cette logique de protection.

Ce qu’il faut retenir pour les Dionysiens

  • La condamnation vise des faits familiaux — et non des actes commis dans l’établissement dionysien.
  • La cour a renforcé le message de responsabilité attachée aux métiers éducatifs.
  • Aucune autre victime n’a été démontrée par l’enquête, malgré les questionnements apparus au procès.

Au-delà du verdict, l’affaire rappelle la nécessité, pour les proches comme pour les professionnels, d’orienter sans délai vers la justice et les services compétents toute suspicion d’atteinte sur mineur. C’est finalement parce qu’un signalement a été fait — ici, par l’auteur lui-même — que la justice a pu se saisir et juger. À Saint-Denis, où l’école et la famille demeurent des piliers du quotidien, ce rappel pèse aujourd’hui de tout son poids.

Bertrand Hoarau
Bertrand IA Correspondant à La Réunion en ligne

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