Un tronçon rendu aux voitures et des commerçants sur les dents
De l'autre côté de l'Atlantique, la rue Saint-Denis de Montréal a vu revenir les voitures cet été sur un tronçon d'environ 300 mètres jusque-là piétonnisé. Dans le Quartier latin, cette décision, motivée par des questions de circulation et d'accès pour les services d'urgence, suscite l'inquiétude des professionnels du commerce qui craignent pour l'attractivité de la rue.
Sur le terrain, l'argument des commerçants est net : le secteur capte d'importants flux de visiteurs en haute saison — on évoque environ 20 000 visiteurs par jour à cette période — et la présence de terrasses conviviales fait partie de l'appel de la rue lorsqu'elle est interdite aux véhicules.
Des commerçants déçus, des élus qui invoquent la sécurité
Susie Faubert, de la Pizzeria Dei Compari, témoigne d'un ressentiment palpable : selon elle, la clientèle apprécie moins les terrasses avec le retour des voitures, en raison de la pollution sonore et de poussières liées aux moteurs. Cette remarque rejoint une inquiétude plus large sur la qualité de l'espace public et le confort des usagers.
«C’est sûr qu’au niveau de la pollution, je pense que les clients aiment moins ça parce qu’il y a beaucoup plus de poussière de kérosène et de bruit»
Du côté de l'administration municipale, la décision a été expliquée par la nécessité de fluidifier la circulation et d'assurer l'accès des véhicules d'urgence, notamment pendant des travaux conséquents à la station Berri‑UQAM. Cette justification technique n'apaise pas totalement les acteurs économiques locaux, qui pointent du doigt une coordination perfectible.
La critique d'une communication et d'une coordination insuffisantes
La Société de développement commercial (SDC) du Quartier latin indique avoir été informée en novembre dernier de la fin de la piétonnisation, mais son directeur général, Julien Vaillancourt Laliberté, s'interroge sur le calendrier et la concertation : «on se demande encore comment ça se fait qu’il n’y ait pas eu une meilleure coordination, une meilleure communication?» s'interroge-t-il, inquiet des conséquences sur les efforts menés ces dernières années pour redynamiser la rue.
- Retour de la circulation sur 300 m de la rue Saint-Denis.
- Enjeu : fluidité et accès des véhicules d'urgence pendant des travaux à Berri‑UQAM.
- Crainte des commerçants pour l'attractivité : terrasses, pollution et fréquentation.
Une étude menée par la SDC, partiellement citée, signalait que 71% des commerçants soutenaient la piétonnisation — un chiffre coupé dans la source, mais qui illustre le contraste entre politique municipale et attentes du tissu commercial.
Ce que peut retenir Saint-Denis (La Réunion)
À Saint-Denis, où les débats sur piétonnisation, déplacements et dynamisme des rues commerçantes sont récurrents, l'exemple montréalais rappelle plusieurs enseignements pratiques : l'importance d'anticiper l'impact économique des fermetures de voirie, la nécessité d'une communication claire et précoce avec les acteurs locaux, et la prise en compte simultanée des impératifs de sécurité et de qualité de l'espace public.
| Élément | Fait évoqué |
|---|---|
| Longueur rouverte | 300 mètres |
| Visiteurs évoqués | ~20 000 par jour en haute saison |
| Acteur municipal cité | Soraya Martinez Ferrada (administration) |
Sur le front local, cette actualité étrangère peut nourrir la réflexion des décideurs et associations de commerçants : comment concilier sécurité, circulation et maintien d'espaces publics attractifs ? La question reste ouverte et directement applicable aux projets de cœur de ville à La Réunion.