Un été sous haute tension pour les sapeurs‑pompiers
Le colonel Franck Briend, directeur adjoint du SDIS 13, a livré un entretien sans détours sur la situation incendies dans le département. Au micro, il mêle émotion et pragmatisme : la profession paie un lourd tribut après la perte récente de deux collègues intervenant sur un sinistre à Bordeaux‑Mérignac, et la gestion des feux a radicalement évolué pour préserver la vie des hommes.
« Je souhaite avant tout avoir une pensée pour la famille de nos collègues », confie le colonel, rappelant que chaque drame touche l’ensemble de la corporation. Cette douleur collective pèse alors que les équipes travaillent quotidiennement sur le terrain pour contenir les départs de feu.
Des chiffres pour mesurer l’ampleur
Le SDIS 13 fournit un bilan chiffré depuis le 1er juin qui donne la mesure de l’effort :
- 317 feux d’espaces naturels traités
- Près de 450 hectares brûlés
- En moyenne 900 sapeurs‑pompiers mobilisés chaque après‑midi
- Une doctrine d’attaque rapide : 9 feux sur 10 maîtrisés avant d’atteindre 1 hectare
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Feux traités depuis le 1er juin | 317 |
| Surface totale brûlée | ~450 ha |
| Pompiers engagés quotidiennement (après‑midi) | 900 |
| Taux d’extinction avant 1 ha | 90% |
Changer la doctrine pour sauver des vies
Le colonel Briend insiste sur une évolution stratégique : l’engagement n’est plus automatique. Face à des feux violents, l’ordre est désormais de peser risque et enjeu avant toute intervention, afin d’éviter de mettre les équipes en péril. Comme il le formule,
« La consigne, c’est d’évaluer toujours un équilibre risque‑enjeu pour savoir si l’engagement est nécessaire, ou s’il vaut mieux laisser brûler un morceau de forêt plutôt que de risquer la vie de nos hommes. »
Cette prudence ne signifie pas relâchement : elle s’appuie sur un important dispositif technologique et humain pour intervenir vite et efficacement lorsque la situation le permet.
Un dispositif renforcé, entre hommes et technologies
Pour tenir le rythme des interventions, le SDIS 13 combine effectifs massifs et outils modernes :
- drones de reconnaissance pour cartographier les points chauds ;
- applications de modélisation des sinistres ;
- véhicules cartographiques et surveillance aérienne en temps réel via un avion dédié.
Ces moyens permettent d’optimiser les opérations et d’éviter des engagements hasardeux tout en s’efforçant de limiter l’impact sur les territoires.
Prévention et responsabilité individuelle
Au‑delà du bilan et des moyens, le colonel rappelle la part que peuvent jouer les habitants : la prévention reste essentielle. Les messages portent sur la réduction des comportements à risque, la vigilance aux abords des forêts et la préparation des habitations pour faire face à un départ de feu. La maison, souvent, doit être envisagée comme l’ultime refuge lorsque l’évacuation n’est pas possible.
Sur le terrain des Bouches‑du‑Rhône, l’heure est donc à la mobilisation durable : hommage aux disparus, protection des équipes et appel répété à la prudence collective pour limiter les prochains sinistres.