Des réserves d'eau de pluie mobilisées pour éviter la mortalité animale
Depuis l'autorisation donnée le 31 juillet par la préfecture, des membres de la Fédération de chasseurs du Territoire de Belfort multiplient les passages en forêt pour poser et remplir des points d'eau destinés aux animaux sauvages. Aux abords de Meroux-Moval, un chasseur identifié comme Lionel remplit tous les deux jours un bidon de six litres d'eau de pluie pour ravitailler bacs et mares creusées par les volontaires.
La végétation, desséchée, craque sous les pas et les mares habituelles sont asséchées. Les interventions visent principalement les chevreuils, les sangliers et diverses espèces d'oiseaux qui peinent à trouver des points d'eau naturels.
Des pratiques encadrées par la préfecture
La préfecture a imposé des règles strictes : l'eau utilisée doit provenir de la récupération des pluies et non de l'eau potable ; les étangs alimentant ces dispositifs doivent être clos pour éviter la contamination. Les installations doivent aussi être disposées à l'ombre, afin de limiter l'évaporation et la surchauffe du point d'eau.
"Ce n'est pas parce qu'on est chasseur qu'on ne s'occupe pas des animaux. On fait le nécessaire pour éviter qu'ils crèvent de soif."
Le président de la Fédération, Daniel Jacques, souligne la nécessité de ces mesures et alerte sur la difficulté croissante d'approvisionner ces dispositifs : l'eau de pluie se raréfie et les réserves personnelles, comme le réservoir de Lionel, s'épuisent.
Constats sur le terrain et conséquences pour les jeunes chevreuils
Les caméras‑pièges installées par les chasseurs confirment la fréquentation des bacs par la faune. Les observations montrent que les faiblesse et la maigreur des chevrelets sont marquées : selon Lionel, les jeunes animaux paraissent amaigris et les mères peinent à produire un lait de qualité en raison de l'ingestion d'une végétation desséchée.
- Fréquence des tournées : tous les deux jours pour remplir petits bacs et mares.
- Origine de l'eau : uniquement eau de pluie récupérée ou eau d'étang clos.
- Espèces ciblées : chevreuils, sangliers, oiseaux principalement.
Perspectives et enjeux locaux
Cette mobilisation souligne la vulnérabilité de la faune sauvage face aux épisodes de sécheresse et la nécessité d'actions coordonnées. À court terme, les chasseurs pallient le manque d'eau, mais l'épuisement des ressources privées pose la question d'un soutien logistique ou financier pour pérenniser ces dispositifs si la sécheresse se prolonge.
Pour la population locale, il s'agit aussi de rester vigilante : la multiplication des allers-retours motorisés en forêt pour ravitailler les points d'eau peut créer des tensions avec d'autres usagers et pose des questions d'assurance et de sécurité. Les services de l'État et les associations naturalistes pourront être sollicités pour envisager des solutions durables si la situation climatique venait à se détériorer davantage.