Un hectare arrosé malgré le niveau « crise »
Dans un département où près des deux tiers des communes sont désormais soumis au niveau maximal d’alerte sécheresse, la décision accordant au golf de Rougemont-le-Château le droit d’entretenir certaines pelouses suscite des réactions vives. Les autorités ont autorisé l’arrosage seulement des greens et des zones d’arrivée plantées de drapeaux, soit environ 1 hectare du domaine — une surface qui représente entre 4 et 5 % de l’ensemble du parcours.
Cette dérogation contraste avec les mesures imposées à une large partie de la population locale. Commerçants, particuliers et gestionnaires d’espaces publics doivent se plier à des interdits stricts pour économiser la ressource.
Un collectif local monte au créneau
La fédération France Nature Environnement du Territoire de Belfort (FNE 90) et l’association Sauvegarde du Cadre de Vie de la Haute Savoureuse (SCVHS) ont officiellement saisi le préfet pour contester cette autorisation. Gérard Groubatch, président des deux structures, qualifie la situation de contradiction entre règles et dérogations.
« C'est une aberration »
Sur le terrain, la colère se mélange à l’incompréhension. Robert, commerçant en centre-ville, pointe les massifs desséchés et rappelle que les opérations courantes — arroser des fleurs, laver une terrasse, remplir une piscine — sont désormais prohibées pour le grand public. « C'est très sec », résume-t-il en montrant les plates-bandes jaunies.
Perception sociale et usages différenciés
Pour certains pratiquants, la question de l’eau dans les sports d’agrément mérite d’être replacée dans un débat plus large sur les comportements de consommation. Un golfeur retraité évoque la comparaison avec d’autres usages et l’idée que la gestion de la ressource peut varier selon les lieux et les activités.
- Usages interdits pour les particuliers : arrosage des pelouses et jardinières, lavage des véhicules, remplissage de piscines.
- Autorisation spécifique : arrosage localisé des greens et zones d’arrivée au golf (1 ha).
- Zones concernées : notamment la communauté de communes des Vosges du Sud, dans le périmètre placé en alerte « crise ».
Conséquences locales et perspectives
Le différentiel entre autorisations et interdictions alimente un débat sur l’équité des mesures en période de tension hydrique. Les associations demandent une clarification des critères ayant conduit à la dérogation et appellent la préfecture à expliquer pourquoi un établissement privé bénéficie d’une dispense partielle alors que d’autres acteurs locaux voient leurs usages restreints.
Sur un plan pratique, la situation pourrait influencer les comportements si des contrôles renforcés sont mis en place : verbalisation des infractions, inspections des sites autorisés et, le cas échéant, révision des dérogations en fonction de l’évolution des précipitations et des réserves.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Surface arrosée autorisée | 1 hectare |
| Part du domaine | 4–5 % |
| Niveau d'alerte | Crise (sécheresse) |
Le dossier reste suivi de près par les associations environnementales et les élus locaux, qui attendent des explications de la préfecture sur les critères appliqués lors de l’octroi de cette dérogation.