Un réveil en suffocation aux portes des « Batêtes »
Le jour n’était pas vraiment levé, et déjà la fumée avalait le ciel au nord de Stains. A l’arrière d’un petit terrain de caravanes bien tenu, jouxtant les anciens jardins ouvriers des « Batêtes », des flammes ont surgi ce mardi matin. L’alerte remonte à l’aube, quand une salariée d’une entreprise voisine est venue prévenir les familles endormies.
« C’est une personne qui travaille dans l’entreprise juste à côté qui est venue taper aux portes de nos caravanes très tôt ce matin [...] pour nous prévenir. Il devait être 6 heures. On la remercie ! En sortant, on a aperçu des flammes derrière chez nous et on ne voyait plus le ciel »
Le brasier a pris dans ce secteur devenu, au fil des ans, un immense bidonville rom aux accès labyrinthiques. L’origine du sinistre restait, en fin de journée, indéterminée. Les cabanes de fortune ont payé le prix de la propagation. Les premières lignes de flammes ont été attaquées dans un périmètre compris entre la rue du Moutier, la voie ferrée du tram T11 et la zone industrielle de Stains.
Des moyens massifs, pas de blessé
Les sapeurs-pompiers ont engagé des renforts considérables pour contenir l’incendie et sécuriser le secteur. Leur intervention s’est concentrée sur une emprise d’environ 5 000 m², le feu étant maîtrisé en fin de matinée. Selon les secours, aucun blessé n’est à déplorer. Par mesure de prudence, la circulation du T11 a été interrompue. Sur place, les opérations ont mobilisé plus d’une centaine de soldats du feu.
| Moyens engagés | Détail |
|---|---|
| Effectifs | Plus de 100 sapeurs-pompiers |
| Véhicules | 25 engins |
| Lances | 6 lances, dont 3 grande puissance avec mousse |
| Zone d’action | Environ 5 000 m² |
Dans ce maillage d’abris bricolés et de sentes serrées, chaque minute compte. Les professionnels du feu ont arrosé pour éviter toute reprise, s’appuyant notamment sur des lances à mousse afin d’étouffer les foyers dans les matériaux inflammables des cabanes.
Le temps des questions, à la veille d’une évacuation
Sur le terrain, les autorités se sont montrées discrètes. Une opération d’évacuation du bidonville est prévue ce mercredi 1er juillet. La veille du départ annoncé, « les occupants ont été informés par la police municipale de Stains vendredi dernier », indique la mairie. D’après plusieurs sources, une grande partie des personnes présentes aurait déjà quitté les lieux ce mardi. Certaines voix, au sein des acteurs proches du dossier, voient dans ce sinistre « un petit cadeau empoisonné de départ ». A ce stade, aucune autorité n’a confirmé ou détaillé les circonstances du départ de feu.
Une association a été mandatée pour conduire un diagnostic social et proposer des solutions d’accompagnement, en particulier pour les familles les plus fragiles, notamment celles avec des nourrissons et jeunes enfants. Les équipes de terrain doivent évaluer, au cas par cas, l’accès à l’hébergement d’urgence ou à des dispositifs de suivi. La complexité du site, étendu et hétérogène, rend toutefois ce travail délicat.
Un nœud urbain entre friches, rails et entreprises
Le site des « Batêtes » s’imbrique dans un tissu sensible, entre ateliers, entrepôts et la ligne du tram. Les riverains évoquent des peurs récurrentes liées au risque d’incendie et aux difficultés d’accès pour les secours. Ce mardi, la perturbation du T11 a rappelé le rôle des infrastructures voisines et les répercussions immédiates d’un feu sur la mobilité quotidienne.
- Incendie maîtrisé en fin de matinée, sans blessé selon les pompiers.
- Interruption de la circulation du tram T11 pour raisons de sécurité.
- Opération d’évacuation du bidonville programmée ce mercredi 1er juillet.
Alors que la fumée se dissipe, l’odeur âcre reste accrochée aux tôles tordues. Les habitants en bordure du campement, réveillés par des coups frappés aux portes au petit matin, mesurent ce que l’alerte a évité. La journée de mercredi, entre logistique d’évacuation et accompagnement social, dira la suite pour ce territoire en tension où les enjeux humanitaires et de sécurité se heurtent aux contraintes d’un morceau de ville difficile à appréhender.