Un cours d’eau réduit à quelques flaques
Dans le sud de l’Eure, la sécheresse franchit un cap. Par endroits, le lit de l’Avre ne montre plus que des cailloux et quelques poches d’eau, notamment entre Armentières-sur-Avre et Saint-Victor-sur-Avre. Pour les riverains et les pêcheurs, le constat est frontal : le cours d’eau de première catégorie ne coule plus par tronçons.
« Il n’y a rien, plus rien du tout. C’est complètement sec »
À 83 ans, Gérard Verdon, pêcheur de longue date et ancien responsable d’une association halieutique locale, dit n’avoir jamais vu l’Avre dans un tel état :
« C’est la première fois que je vois l’Avre comme ça »décrit-il. Le filet d’eau restant s’engouffre dans des betoirs – ces trous dans le lit – et disparaît aussitôt, laissant des tronçons asséchés sur plusieurs centaines de mètres.
Alerte renforcée sur les bassins amont
Face à cette situation, les autorités ont placé le bassin de l’Avre amont en alerte renforcée depuis le 10 juillet. Le bassin de l’Iton amont a rejoint ce niveau de vigilance le vendredi 17 juillet, par arrêté préfectoral. Cette montée en régime des alertes reflète l’ampleur du déficit hydrologique observé au cœur de l’été.
| Bassin | Niveau | Entrée en vigueur |
|---|---|---|
| Avre amont | Alerte renforcée | 10 juillet |
| Iton amont | Alerte renforcée | 17 juillet |
Dans les secteurs concernés, les usagers sont appelés à la vigilance. Les arrêtés préfectoraux encadrent les usages de l’eau pour limiter la tension sur la ressource, alors que les débits naturels se contractent fortement.
Faune aquatique décimée, élevage sous contrainte
Les conséquences écologiques immédiates sont visibles dans le lit de la rivière. Poissons morts, larves d’insectes et libellules disparues des zones à sec : la chaîne de vie aquatique est rompue sur les secteurs touchés. Gérard Verdon, qui arpente régulièrement les berges, a multiplié les découvertes de poissons sans vie. Il redoute une recolonisation très lente des milieux une fois l’eau revenue :
« Il va falloir des années pour que ça revienne ».
Sur les prairies attenantes, l’abreuvoir naturel fait défaut. Les éleveurs n’ont d’autre choix que d’acheminer de l’eau par tonneaux pour assurer l’hydratation des troupeaux. Les aménagements de berge prévus pour l’accès à l’eau sont inopérants tant que le niveau reste nul. Seuls quelques hérons tirent parti des rares flaques encore poissonneuses.
Pratiques mises en pause et riverains inquiets
Pour les pêcheurs de l’Avre, la saison est à l’arrêt. Les plus anciens, comme Gérard Verdon, ont déplacé leur loisir vers des étangs, faute d’écoulement suffisant en rivière.
« On peut ranger nos cannes à pêche », résume-t-il, lucide sur la fragilité du milieu en période d’étiage sévère.
Suivre l’évolution et adapter les usages
La persistance d’un temps sec pourrait prolonger la situation. À l’inverse, des pluies efficaces seraient nécessaires pour réalimenter les nappes et les résurgences dont dépend l’Avre sur sa partie amont. En attendant, le respect strict des arrêtés en cours et une sobriété dans les usages domestiques comme agricoles restent les leviers immédiats pour soulager le milieu.
- Entre Armentières-sur-Avre et Saint-Victor-sur-Avre, des sections de l’Avre sont totalement asséchées.
- Les bassins Avre amont et Iton amont sont placés en alerte renforcée par la préfecture.
- Impacts observés : mortalités piscicoles, disparition d’invertébrés aquatiques, approvisionnement en eau des troupeaux par citernes.
Les habitants et usagers sont invités à se tenir informés de l’évolution des arrêtés et des consignes associées, actualisées au fil de l’été.