Le dossier des Carmeries placé sous la vigilance du Parquet national financier
Le projet de reconversion de l'ancienne friche Michelin, à Joué-lès-Tours, vient d'entrer dans une nouvelle phase judiciaire : le Parquet national financier (PNF) a été saisi après le dépôt d'une plainte par l'association AC!! Anti-Corruption. La plainte, déposée le 3 juin 2026 selon les sources, met en cause des pratiques pouvant relever du favoritisme, de la prise illégale d'intérêts et de la corruption en bande organisée autour du projet dit « des Carmeries ».
Ce dossier, révélé par La Nouvelle République et relayé par Seven Radio, intervient alors que la reconversion de ces 19 hectares est présentée par les porteurs du projet comme une opération majeure pour l'agglomération : accueil de plusieurs milliers d'emplois et création de logements. Le trio public-privé en charge comprend la ville, la SET et le promoteur Exia.
La plainte évoque un « pacte de corruption » présumé entre élus et promoteurs.
Outre des soupçons d'entente indue entre acteurs publics et privés, les auteurs de la plainte contestent la qualité des études environnementales et des travaux de dépollution des sols. L'association, qui dispose d'un agrément lui permettant d'agir en matière environnementale, estime que ces éléments méritent un examen approfondi par une juridiction spécialisée.
- Date du dépôt de plainte : 3 juin 2026
- Superficie concernée : 19 hectares
- Objectifs affichés du projet : 5 000 emplois et 2 500 habitants
- Principaux acteurs cités : la ville, la SET et le promoteur Exia
La saisine du PNF marque l'entrée d'un volet pénal dans un dossier auparavant géré sur le terrain de l'urbanisme et des politiques publiques. Pour les habitants et les acteurs locaux, cela signifie que le rythme et les modalités de la reconversion pourraient être influencés par une instruction éventuelle. Les questions techniques, comme les diagnostics de pollution, et les décisions prises par les élus seront désormais susceptibles d'être examinées sous l'angle de la loi pénale.
Sur le plan local, l'enjeu est double : d'une part, préserver la crédibilité d'un projet présenté comme structurant pour l'emploi et le logement ; d'autre part, garantir la transparence des choix publics et la sécurité sanitaire liée à la dépollution. Les services de la mairie et les partenaires du projet n'ont, à ce stade public, pas rendu de communication exhaustive sur les conséquences de cette saisine.
| Élément | Chiffres/infos |
|---|---|
| Surface | 19 ha |
| Emplois visés | 5 000 |
| Habitants prévus | 2 500 |
| Plainte déposée | 3 juin 2026 |
Ce dossier, qui mêle urbanisme, environnement et soupçons de dévoiement des procédures, sera à suivre de près à Tours et dans l’agglomération. Les prochaines étapes dépendront des décisions du PNF : ouverture d'une enquête, désignation d'un juge d'instruction, auditions. Pour les habitants, au-delà des débats juridiques, la préoccupation première restera l'impact concret sur l'emploi, le logement et la qualité du cadre de vie dans un secteur longtemps à l'arrêt.