Un patrimoine militaire réaffecté pour rapprocher l’aéroport de la ville
À l’heure où les aéroports cherchent à élargir leur rôle au‑delà du transport aérien, l’aéroport de Tours Val de Loire lance la reconversion d’une de ses friches les plus identifiables : les anciennes hangarettes militaires, ces abris en demi‑tonneau qui protégeaient autrefois des avions de chasse. Longtemps inaccessibles au public, elles sont désormais au cœur d’une stratégie portée par le Smadait, syndicat mixte propriétaire du site, pour faire de l’aéroport « un lieu plus ouvert, plus vivant et moins dépendant de la seule activité aérienne ».
Deux de ces hangarettes ont déjà trouvé preneur : l’une accueillera une conciergerie haut de gamme pour voitures de collection, pensée comme un coffre‑fort automobile ; l’autre sera occupée par le Club Arcadie, qui développera un centre d’équithérapie en lien avec le CHRU, combinant soins et activités thérapeutiques.
« faire de l’aéroport un lieu plus ouvert, plus vivant et moins dépendant de la seule activité aérienne. »
La phase suivante vise à attirer des activités économiques, commerciales ou culturelles ouvertes au public. Un appel à manifestation d’intérêt a été lancé pour six autres hangarettes de 425 m² chacune, accompagnées de deux espaces souterrains et de 7,5 hectares d’espaces extérieurs. Les porteurs de projets sont invités à proposer des usages variés, sous réserve du respect de l’identité du site et de la création d’une dynamique collective.
- Usages envisagés : restaurants, commerces, salles de sport, bureaux d’études, loisirs immersifs, lieux d’événements.
- Projets d’accompagnement : réouverture d’un restaurant sur le site, modernisation des parkings et accueil d’événements.
- Mobilité et énergie : étude d’une navette automatique UrbanLoop pour relier le tramway (Vaucanson) à l’aéroport, et projet d’un parc agri‑photovoltaïque de 17 hectares.
Quels enjeux pour Tours et ses habitants ?
Cette reconversion soulève plusieurs questions concrètes pour la population tourangelle : accessibilité du site, création d’emplois locaux, animation commerciale et cohérence urbaine. En proposant des activités ouvertes au public, l’aéroport cherche à dépasser son rôle traditionnel de simple plateforme de transport pour devenir un pôle multifonctionnel capable d’attirer des visiteurs et de soutenir des entreprises locales.
| Élément | Chiffres / statut |
|---|---|
| Hangarettes déjà attribuées | 2 (conciergerie voitures, centre d’équithérapie) |
| Hangarettes en appel | 6 (425 m² chacune) |
| Espaces extérieurs | 7,5 hectares |
| Parc agri‑photovoltaïque envisagé | 17 hectares |
La question des flux est centrale : comment relier efficacement ce nouveau pôle à la ville ? Le projet de navette automatique UrbanLoop est étudié pour assurer un lien direct entre le tramway et la zone aéroportuaire, mais reste à préciser en termes de calendrier et de financement. Sur l’énergie, l’option d’un parc agri‑photovoltaïque témoigne d’une volonté de conjuguer production électrique et activité agricole, une piste qui répond aux impératifs d’autonomie et de transition écologique.
Pour les porteurs de projets, le défi sera de conjuguer respect de l’identité industrielle et militaire du site avec des usages contemporains et attractifs. La réussite de l’opération dépendra aussi de la capacité du Smadait à coordonner attractivité commerciale, accessibilité et intégration urbaine, afin que l’aéroport devienne effectivement « un morceau de ville » et non un simple ensemble d’équipements disjoints.
Sur le terrain, les premiers signaux sont positifs : l’arrivée d’acteurs privés spécialisés — de la conciergerie pour véhicules de collection au centre médico‑thérapeutique lié au CHRU — montre que le modèle intéresse. Reste à concrétiser l’appel à manifestations d’intérêt pour transformer durablement ces hangarettes en lieux de vie et d’activités pour les Tourangeaux.