De la ferme familiale aux vidéos hebdomadaires
Sur la même exploitation depuis plusieurs générations, un jeune agriculteur de la Meuse a choisi de raconter son quotidien au-delà des frontières du canton. Salarié du GAEC familial, il élève plus de 130 vaches charolaises et cultive 275 hectares de céréales. Parallèlement à ce travail, il publie chaque semaine des reportages et des séquences de la vie agricole sur sa chaîne, qui rassemble aujourd'hui 57 200 abonnés.
Son parcours n'a pas été exclusivement local : après des études, il a travaillé dans des exploitations d'Île-de-France, de Picardie et du sud de la France avant de revenir s'installer dans la Meuse. Il prévoit de reprendre officiellement la ferme lors du départ en retraite de son père.
Une présence numérique assumée
Passé par Snapchat puis YouTube en 2024, il confie avoir voulu maîtriser son discours et créer des traces familiales. L'outil vidéo est employé pour montrer le travail, mais aussi pour déconstruire certains clichés sur l'agriculture. Son ton mêle franchise et humour, avec une volonté affichée de parler juste et sans détour.
« fais-le pour lui, laisse une trace »
Cette phrase, évoquée à propos du décès d'un grand-parent, a été le déclic qui l'a poussé à publier. Au-delà du souvenir, il voit dans la médiatisation un moyen de « redorer l'image de l'agriculture française » et de montrer que des jeunes dynamiques continuent de choisir ce métier.
Un message sur le modèle agricole
Dans ses vidéos, il défend un modèle familial et à taille humaine. Le choix de filmer la vie quotidienne de l'exploitation — soins aux animaux, travaux des champs, décisions collectives au sein du GAEC — vise à rendre palpable la complexité et la technicité du métier, loin d'une vision caricaturale. Le numérique devient ainsi un outil de pédagogie et de transmission.
- Exploitation : GAEC familial, transmission prévue à la retraite du père
- Élevage : 130 vaches charolaises
- Surface cultivée : 275 hectares de céréales
- Audience : 57 200 abonnés sur la chaîne YouTube
Une parole locale à portée nationale
Si la Meuse reste le cadre concret du récit, les vidéos touchent un public plus large. Elles s'inscrivent dans une tendance où des agriculteurs utilisent les réseaux pour expliquer leurs pratiques, témoigner des enjeux de transmission et combattre les préjugés. Pour la population locale, ces prises de parole permettent de maintenir un lien entre ville et campagne et d'ouvrir le débat sur l'avenir des exploitations familiales.
| Item | Chiffre |
|---|---|
| Vaches charolaises | 130 |
| Hectares de céréales | 275 |
| Abonnés YouTube | 57 200 |
La démarche mêle mémoire, pédagogie et communication. À mesure que la relève se prépare au sein du GAEC, la mise en images du quotidien agricole devient un support de discussion pour les voisins, les consommateurs et les jeunes qui se demandent encore s'ils doivent ou non embrasser la profession.