Un mix solaire et stockage pour renforcer l'alimentation de l'Ouest
Sur la commune de Mana, à proximité de Saint‑Laurent‑du‑Maroni, démarre un projet d'ampleur destiné à améliorer la continuité d'alimentation électrique dans l'Ouest de la Guyane. Développée par Voltalia, la centrale de Sainte‑Anne combine panneaux photovoltaïques, batteries lithium‑ion et groupes électrogènes de secours fonctionnant au biocarburant.
Ce montage technique vise à conjuguer production décarbonée et capacité pilotable pour pallier les aléas du réseau local et faciliter l'intégration de l'énergie solaire.
Capacités et calendrier
| Éléments | Valeurs |
|---|---|
| Puissance photovoltaïque | 43 MW |
| Stockage (batteries) | 135 MWh |
| Groupes secours (biocarburant) | 5 unités — 7 MW total |
| Production annuelle estimée | ~50 GWh |
| Équivalent de consommation | ~50 000 habitants |
| Début des travaux de préparation | juillet 2025 |
| Mise en service prévue | 2028 |
La combinaison d'énergies intermittentes et d'un système de stockage permet d'assurer une production plus régulière et de répondre aux besoins lors des périodes de faible ensoleillement ou de pic de consommation.
Financement et acteurs
Le projet a mobilisé des financements importants : un prêt à long terme de plus de 120 millions d'euros a été accordé par un pool composé notamment de Bpifrance, BRED Banque Populaire, Caisse d'Épargne CEPAC et Auxifip. Plusieurs de ces banques interviennent aussi comme arrangeurs, aux côtés de Crédit Agricole Transitions & Énergies. Le cabinet De Gaulle Fleurance a accompagné le pool bancaire sur la structuration juridique de l'opération.
Le projet a par ailleurs bénéficié d'une campagne nationale de financement participatif clôturée en avril 2026, ce qui témoigne d'un intérêt citoyen pour les initiatives énergétiques locales.
Enjeux locaux et perspectives
Pour la Guyane et plus particulièrement pour les territoires éloignés de la zone centrale, une centrale de ce type présente plusieurs bénéfices :
- renforcement de la sécurité d'approvisionnement face aux coupures et incidents réseau ;
- réduction des émissions liées à la production électrique en substituant du solaire à des unités fossiles ;
- création d'emplois locaux pendant la phase de construction et, dans une moindre mesure, lors de l'exploitation.
La production annoncée, proche de 50 GWh par an, représente une part significative de la consommation locale et devrait contribuer à limiter les importations de carburant pour la production d'électricité.
Ce qu'il reste à suivre
Les étapes à venir à surveiller sont l'achèvement des travaux de construction, la connexion technique au réseau local et les modalités d'exploitation (maintenance, intégration des groupes de secours au biocarburant). Pour les habitants de l'Ouest guyanais, l'impact concret se mesurera en termes de fiabilité de l'alimentation et de variation possible des coûts locaux d'électricité.
Ce projet illustre la dynamique d'investissements nationaux dans les Outre‑mer et la recherche de solutions hybrides pour répondre aux défis d'un territoire vaste et faiblement peuplé comme la Guyane.