Une famille fragilisée après le placement en rétention d’une mère de six enfants
Dimanche 9 août, une ressortissante marocaine de 40 ans domiciliée à Vesoul a été conduite vers un centre de rétention administrative à Metz après s’être présentée au commissariat local pour effectuer son pointage. La femme fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) prononcée après le refus de lui délivrer un titre de séjour en avril 2025, selon les éléments judiciaires consultés.
Les six enfants restent au domicile familial avec leur père, employé comme chauffeur poids lourd chez Stellantis à Vesoul et détenteur d’un titre de séjour salarié. Deux des enfants sont nés en France. L’audience devant le juge des libertés et de la détention (JLD), qui devait statuer sur la légalité du placement dans les 96 heures, interviendra dans les jours suivant le placement.
"On lui a expliqué qu'elle allait être placée en rétention à Metz"
Me Florent Diaz, avocat de la mère, a fait part de la sidération de la famille : selon lui, la femme a été conduite sans avoir eu la possibilité d’embrasser ses enfants avant son départ. Un vol charter destiné à rapatrier la personne vers le Maroc avait été affrété dès le lundi suivant son placement, mais la quarantenaire a fait un malaise lors du trajet vers l’aéroport et n’a pas embarqué ; elle a été ramenée au centre de rétention.
La préfecture de Haute-Saône a indiqué que, après l’absence de départ volontaire dans le délai imparti, la personne avait d’abord été assignée à résidence avant d’être placée en rétention en vue de l’exécution de la décision d’éloignement. Le tribunal administratif de Besançon avait, en février 2026, rejeté une requête visant à annuler l’OQTF ; une procédure d’appel devant la cour administrative d’appel de Nancy est en cours, sans effet suspensif.
Conséquences locales et questions en suspens
Sur le plan local, le dossier soulève plusieurs interrogations pratiques et humaines : la gestion de la cellule familiale lorsque l’un des parents est placé en rétention, l’impact sur la scolarité des enfants et le soutien social dont ils peuvent bénéficier, ainsi que la coordination entre les services de l’État et les associations d’accompagnement. La situation met également en lumière la tension entre les obligations administratives d’éloignement et les éléments d’intégration signalés par la défense.
- Arrivée en France : août 2021.
- Décision préfectorale refusant le titre : avril 2025.
- Placement en rétention administrative : 9 août (centre de Metz).
- Décision judiciaire : rejet en février 2026 par le tribunal administratif de Besançon ; appel en cours.
Pour les voisins et les acteurs sociaux de Vesoul, la situation rappelle l’importance d’un accompagnement renforcé des familles dont l’un des membres est visé par une mesure d’éloignement, notamment lorsque des enfants mineurs sont concernés. Les recours juridiques se poursuivent et le sort de la femme dépendra à court terme des décisions du JLD puis de la cour administrative d’appel.
| Éléments | Données |
|---|---|
| Nombre d'enfants | 6 (de 21 mois à 13 ans) |
| Lieu du placement | Centre de rétention de Metz |
| Employeur du père | Stellantis, Vesoul |
La préfecture et les services judiciaires restent les interlocuteurs compétents pour préciser les suites de la procédure. Du côté de la famille, la priorité immédiate demeure le maintien de la cohésion et le suivi des enfants laissés au foyer alors que se déroulent les procédures administratives et judiciaires.