Des chiffres qui inquiètent
Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) publie pour 2025 un bilan détaillé de la délinquance en Guadeloupe qui met en lumière une réalité préoccupante : 2 233 victimes de violences intrafamiliales recensées sur le territoire et un taux de 5,9 victimes pour 1 000 habitants, contre 3,7 pour 1 000 en moyenne dans l'Hexagone.
La Guadeloupe, département de 384 160 habitants selon le recensement 2023, affiche donc un niveau de violences physiques intrafamiliales significativement plus élevé que la moyenne nationale. Le rapport souligne également une progression marquée de certains taux communaux par rapport à 2016.
Les communes les plus touchées
Le document dresse une carte fine des disparités locales. Pointe‑à‑Pitre arrive en tête avec un taux de 10,2 victimes pour 1 000 habitants, soit près du double du taux observé dans cette même commune en 2016 (5,6 pour 1 000). Viennent ensuite :
- Trois‑Rivières : 7,8 pour 1 000
- Les Abymes, Saint‑François et Deshaies : 7,5 pour 1 000
- Port‑Louis : 7 pour 1 000
- Basse‑Terre : 6,8 pour 1 000
- Goyave : 6,5 pour 1 000
| Commune | Taux (pour 1 000 hab.) |
|---|---|
| Pointe‑à‑Pitre | 10,2 |
| Trois‑Rivières | 7,8 |
| Les Abymes / Saint‑François / Deshaies | 7,5 |
Une hausse marquée et une répartition changeante
Le SSMSI note que la géographie des communes les plus touchées évolue d'une année sur l'autre, mais que le niveau des taux est en augmentation. À Pointe‑à‑Pitre, l'augmentation est particulièrement nette : le taux est passé de 5,6 en 2016 à 10,2 en 2025.
Les données ne couvrent pas quatre petites communes (Terre‑de‑Haut, Terre‑de‑Bas, Saint‑Louis et La Désirade). Dans les 28 autres communes analysées, aucune n'affiche un taux nul : la violence intrafamiliale est présente sur l'ensemble du département, à des degrés divers.
Conséquences locales et informations pratiques
Ces chiffres ont des implications immédiates pour les professionnels de santé, les forces de l'ordre et les associations d'accompagnement. Sur le terrain, les dispositifs d'écoute et de prise en charge doivent être adaptés à une demande croissante, notamment dans les communes les plus touchées.
- Si vous êtes en danger : composez le 17 (police/gendarmerie) ou le 112 ; pour les violences conjugales, le 3919 est accessible depuis la France.
- Pour un accompagnement local, renseignez‑vous auprès des centres communaux d'action sociale (CCAS) et des missions locales.
- Les professionnels de santé et les écoles sont des relais essentiels pour détecter et orienter les victimes.
La publication du SSMSI ouvre un nouvel appel à la mobilisation des acteurs locaux : prévention, repérage et prise en charge restent des priorités pour réduire des chiffres qui, sur l'île, parlent d'eux‑mêmes.