Les États-Unis annoncent une seconde vague de droits de douane
La Maison Blanche prévoit d'annoncer prochainement de nouvelles surtaxes douanières visant une large partie de ses partenaires commerciaux, a indiqué le représentant américain au Commerce (USTR), Jamieson Greer, lors d'une interview sur CNBC. Cette démarche intervient après que la Cour suprême a annulé en février une fraction importante des droits institués l'an passé par l'administration précédente.
Les mesures annoncées chercheraient à remplacer les droits temporaires de 10 % mis en place par Donald Trump, qui arrivent à expiration. Selon les services de l'USTR, des enquêtes ouvertes mi-mars portent sur des pratiques telles que une surcapacité structurelle ou l'utilisation de matières premières liées au travail forcé dans des chaînes de production destinées aux États-Unis.
« On devrait voir du mouvement prochainement », a déclaré Jamieson Greer, tout en ajoutant qu'« je ne peux pas préciser le calendrier ».
Qui est concerné et quelles formes prendront les surtaxes ?
Les déclarations de l'USTR laissent entendre que les nouvelles surtaxes pourraient viser les principaux partenaires commerciaux américains, y compris l'Union européenne. Les modalités restent incertaines : elles pourraient prendre la forme de droits temporaires renouvelés ou de mesures durables, fondées sur des enquêtes juridiques menées par l'USTR.
- Portée géographique : la presse évoque une cible de l'ordre de 45 à 60 pays selon les éléments disponibles.
- Niveaux envisagés : l'USTR a proposé, en juin, un taux de 12,5 % pour certains pays. Les droits temporaires en place se situaient à 10 %.
- Secteurs exclus : les droits sectoriels déjà appliqués (automobile, acier, aluminium, cuivre) ne seraient pas concernés par cette annonce.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Droits temporaires actuels | 10 % |
| Taux proposé pour certains pays | 12,5 % |
| Nombre estimé de pays visés | 45–60 |
Conséquences pour la France et l'économie européenne
Pour les entreprises françaises exportatrices, une extension des surtaxes américaines constituerait une source d'incertitude supplémentaire. Des droits généralisés sur les importations peuvent peser sur la compétitivité des produits européens sur le marché américain, accroître les coûts pour les chaînes d'approvisionnement et provoquer des ajustements tarifaires ou des représailles commerciales.
Au plan macroéconomique, des surtaxes durables ou étendues risquent d'alimenter l'inflation importée et de freiner les exportations, deux facteurs déjà surveillés de près par les autorités. La réponse politique et juridique de l'UE — consultations, plaintes devant l'OMC ou rétorsions ciblées — déterminera l'ampleur de l'impact sur le commerce bilatéral.
Un calendrier encore flou mais une fenêtre politique courte
Jamieson Greer a rappelé que l'objectif est d'annoncer de nouvelles mesures au moment où les droits temporaires expirent, mais il s'est refusé à détailler le calendrier. Les enquêtes de l'USTR, engagées sur la base d'éléments juridiques différents de ceux invoqués initialement par l'administration Trump, lui donnent cependant un cadre légal pour instaurer des droits plus pérennes si les conclusions le justifient.
À court terme, les entreprises et les autorités européennes devront suivre les prochaines déclarations de Washington. Les décisions attendues dans les jours ou semaines à venir auront des répercussions concrètes sur les flux commerciaux et sur la stratégie industrielle des acteurs français exposés au marché américain.