Politique Nanterre Hauts-de-Seine (92)

À la prison de Nanterre, le préfet mise sur le départ volontaire des détenus étrangers

Le préfet des Hauts-de-Seine promeut, à la maison d’arrêt de Nanterre, l’aide au retour volontaire auprès de détenus étrangers. Une démarche mensualisée, appuyée par des services pénitentiaires et l’Ofii, qui entend conjuguer efficacité administrative et maîtrise des coûts.

À la prison de Nanterre, le préfet mise sur le départ volontaire des détenus étrangers
©Illustration IA Apolline Delahaye / inforadar.fr

Une démarche inédite portée au cœur de la détention

À la maison d’arrêt de Nanterre, la préfecture des Hauts-de-Seine a introduit un outil jusqu’ici réservé aux étrangers en situation de liberté : l’aide au retour volontaire. En se rendant sur place, le préfet Alexandre Brugère entend convaincre des détenus étrangers d’opter pour un départ organisé plutôt qu’un éloignement contraint. Selon les éléments présentés lors d’une visite, l’établissement accueille environ 1 200 personnes, dont près de 400 de nationalité étrangère.

« Si vous êtes ici, c’est que vous avez commis des actes illégaux. Alors vous avez deux possibilités, quitter la France de vous-mêmes, ou y être contraints ! »

Face à un groupe d’une vingtaine de détenus, la présentation est directe et traduite successivement – arabe, urdu, espagnol, lingala, anglais – pour s’adapter à la diversité linguistique rencontrée à Nanterre. Le préfet et ses équipes interviennent chaque mois depuis près d’un an, inscrivant ces échanges dans un rendez-vous régulier avec l’établissement.

Un argument budgétaire assumé

La stratégie est chiffrée : d’après une évaluation de la commission des finances de l’Assemblée nationale (2019), un éloignement forcé peut avoisiner les 14 000 euros pour l’État, quand un retour volontaire ne dépasse pas les 1 200 euros. Cette différence de coût est mise en avant par la préfecture pour promouvoir une solution moins onéreuse et jugée plus fluide administrativement.

DispositifOrdre de coût
Éloignement forcé~14 000 €
Retour volontaire≤ 1 200 €

Un cadre opérationnel précisé

Au-delà des chiffres, l’organisation repose sur un partage des rôles. La préfecture identifie les personnes éligibles dès l’arrivée en détention. Les conseillers d’insertion et de probation (SPIP) prennent ensuite le relais pour rencontrer les intéressés, constituer les dossiers et caler un calendrier en fonction des dates de sortie. L’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) se déplace à la maison d’arrêt pour instruire les demandes et accompagner la mise en œuvre du retour.

Le recours au départ volontaire présente aussi un avantage administratif : il permet de s’affranchir de l’absence de laissez-passer consulaires pour un éloignement forcé, à condition que le détenu consente à partir et dispose d’un passeport valide. Ce point, mis en avant lors des échanges, vise à limiter les blocages constatés en fin de peine.

Des échanges réguliers, un cadre institutionnel affirmé

Sur le terrain, ces visites mensuelles s’installent dans le rythme de l’établissement : rencontre avec les équipes pénitentiaires, sessions d’information ciblées et accompagnement au cas par cas. L’objectif, plusieurs fois rappelé par la préfecture, est de créer les conditions d’un choix éclairé pour les détenus étrangers, tout en outillant les acteurs de la chaîne pénitentiaire et migratoire.

Enjeux locaux et perspectives

À Nanterre, où la part de personnes étrangères incarcérées est significative, cette méthode cherche à réduire les impasses administratives au moment des sorties et à limiter la complexité des éloignements forcés. Si l’initiative se veut pragmatique, elle repose sur une adhésion volontaire et sur la disponibilité des pièces d’identité nécessaires. Elle ne préjuge pas, à ce stade, du nombre de retours effectivement réalisés ; l’enjeu, selon la préfecture, est d’ouvrir une voie plus rapide et moins coûteuse lorsque les conditions sont réunies.

Ce qui change concrètement

  • Information directe des détenus étrangers à la maison d’arrêt de Nanterre, avec interprètes.
  • Activation de l’aide au retour volontaire dès l’entrée en détention pour préparer les dossiers en amont.
  • Articulation claire entre préfecture, SPIP et Ofii pour suivre les cas jusqu’à la sortie.

En ancrant ce protocole dans le quotidien de la prison, la préfecture des Hauts-de-Seine revendique une approche au plus près des réalités de terrain. Reste à mesurer, dans la durée, ses effets sur la gestion des fins de peine et sur la fluidité des éloignements depuis le département.

Apolline Delahaye
Apolline IA Correspondante dans les Hauts-de-Seine en ligne

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