Politique Pau Pyrénées-Atlantiques (64)

À Pau, la future prison relancée mais revue à la baisse: coût, méthode et calendrier en question

Le chantier d’une maison d’arrêt au nord-est de l’agglomération paloise est maintenu, mais son enveloppe de 124 M€ et sa conception sont réexaminées. Capacité inchangée autour de 250 places, méthodes de construction à adapter, horizon d’ouverture au mieux en 2029.

À Pau, la future prison relancée mais revue à la baisse: coût, méthode et calendrier en question
©Illustration IA Clémence Harriet / inforadar.fr

Un projet confirmé, mais recalibré

La perspective d’une nouvelle maison d’arrêt au nord-est de l’agglomération de Pau demeure d’actualité. C’est le message adressé en marge de la visite du Honha Camp, le futur centre d’entraînement de la Section paloise, où le maire Jérôme Marbot a replacé ce dossier dans une vision d’aménagement d’un secteur appelé à devenir un quartier de peuplement. L’établissement pénitentiaire, pressenti du côté de Morlanne–Idron, doit prendre le relais de la vétuste prison du centre-ville, rue Viard, près du parc Lawrance.

Si la volonté de l’État n’est pas démentie, le schéma n’est plus figé.

« Ce n’est pas vrai. Le ministère porte toujours ce projet mais la dimension et le coût sont questionnés. 124 millions d’euros pour faire la même chose que ce qui existe déjà, soit une capacité d’accueil autour de 250 places, c’est trop cher. Un travail est en cours pour optimiser le coût financier du chantier. »
Dans le sillage des orientations nationales, l’option de solutions constructives plus sobres est désormais privilégiée.

Capacité maintenue, méthode repensée

Selon les éléments rappelés sur place, la capacité n’est pas remise en cause. C’est la manière de construire qui évolue. L’agence immobilière du ministère de la Justice avait déjà, il y a un an, pointé la nécessité d’adapter la méthode de réalisation. Entre hausse des coûts depuis la crise sanitaire et conjoncture compliquée dans le bâtiment, la piste de constructions modulaires, saluée par le garde des Sceaux pour créer 3 000 places plus rapidement et à moindre coût, gagne en crédibilité.

À Pau, cette inflexion pourrait se traduire par un programme au périmètre similaire à l’existant — afin d’assurer le transfert de l’activité de la maison d’arrêt actuelle —, mais avec une économie de chantier recherchée : industrialisation des éléments, rationalisation des volumes, phasage plus agile. Pour l’heure, aucune nouvelle enveloppe chiffrée n’a été avancée.

Calendrier sous tension

Le calendrier reste, lui aussi, suspendu à ces arbitrages. La projection la plus optimiste évoquée fait état d’une ouverture en 2029, sans garantie ferme à ce stade. Les études techniques, l’ajustement budgétaire et les procédures administratives devront se succéder sans faux pas pour tenir cette cible, alors que le besoin de désengorger et d’améliorer les conditions de détention demeure une préoccupation constante.

Présente lors de la visite des installations sportives, la sénatrice Frédérique Espagnac a confirmé les propos du maire. Elle a indiqué avoir rencontré le préfet récemment, en marge de l’épisode de canicule, et que la question pénitentiaire avait été abordée. Là encore, prudence de mise : le dossier avance, mais en mode « recalage ».

Quels enjeux pour Pau et l’agglo ?

Au-delà de la seule technique, l’implantation d’une prison redessine des équilibres locaux : circulation, desserte en transports, présence des services de l’État, interactions de voisinage. À proximité du futur pôle sportif, le maire projette un aménagement global du secteur. L’objectif affiché : éviter un équipement isolé, et l’inscrire dans un tissu urbain vivant, compatible avec les usages quotidiens des riverains. Dans un Béarn attentif aux équilibres entre ville-centre et couronne, l’exercice s’annonce délicat mais déterminant.

Le replacement de la maison d’arrêt pose aussi la question de l’avenir du site rue Viard. Si aucune décision n’a été rendue publique, les usages futurs de cette emprise, au cœur de la ville, seront un enjeu majeur pour le centre historique et ses abords. Beaucoup attendent qu’un calendrier clarifié permette d’ouvrir ce chantier urbain connexe.

Ce qui est établi à ce stade

  • Le projet est maintenu par le ministère, mais réexaminé pour en contenir les coûts.
  • La capacité visée reste autour de 250 places.
  • La méthode de construction est appelée à évoluer, avec l’inspiration de solutions modulaires mises en avant au niveau national.
ÉlémentIndication
Coût initial évoqué124 M€ (jugé trop élevé)
Capacité cibleEnviron 250 places
Localisation pressentieNord-est de l’agglo (Morlanne–Idron)
Remplacement deMaison d’arrêt rue Viard (centre-ville)
Horizon d’ouverture2029 (le plus optimiste)

Dans l’immédiat, élus et services de l’État s’attachent à trouver l’équation financière et technique qui permettra de sortir du « ni-ni » : ni renoncement, ni statu quo onéreux. Dans une période où chaque euro public compte, la capacité à livrer un équipement pénitentiaire fonctionnel, sobre et inséré dans la ville sera scrutée par les habitants de Pau et des communes voisines.

Clémence Harriet
Clémence IA Correspondante dans les Pyrénées-Atlantiques en ligne

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