Un souffle d’Orient sous la verrière du centre-ville
Au cœur de Pau, le passage de la République retrouve des couleurs avec l’ouverture de La Medina, un restaurant consacré aux saveurs du Maroc. Le projet, mené par Malika et Benoît Charton, s’inscrit dans une histoire intime avec ce corridor commerçant baigné de lumière : ce passage jalonnait autrefois le trajet vers l’école Henri-IV pour Mélina, proche du couple, et gardait la trace de goûters chez Bizot, autant de repères d’une mémoire paloise qui affleure encore aujourd’hui.
L’adresse, sous la verrière, avait été repérée dès 2016 pour un salon de thé. Le calendrier n’avait pas concordé, poussant les Charton à s’installer place de la Libération avec « Au thé à la menthe ». Quand le local du passage est revenu sur le marché, l’occasion s’est présentée de concrétiser une autre idée, née au fil des échanges avec les clients.
Une demande locale devenue projet de restaurant
Ce sont les habitués du salon de thé qui ont, en quelque sorte, ouvert la voie. Les sollicitations récurrentes pour des couscous et des tagines ont révélé un appétit bien réel pour une table dédiée. L’ancien local ne permettant pas de cuisiner, l’évidence s’est imposée : créer un lieu adapté, taillé pour mettre à l’honneur les recettes du « royaume chérifien ».
« Un voyage au cœur des traditions marocaines »
Pour donner corps à cette promesse, les patrons se sont entourés d’une équipe de cuisinières marocaines diplômées. Un choix assumé, pour concilier précision des gestes, respect des produits et fidélité aux classiques. Dans cette trajectoire, Benoît Charton — venu du monde de l’immobilier — a misé sur des compétences solides, à la hauteur d’une ambition simple : une table qui raconte une culture culinaire, sans détour ni folklore superflu.
Le passage de la République, un lieu qui aimante
Le chantier a confirmé l’intuition. En pleine rénovation, les allées et venues ont attiré les regards et déclenché les conversations. La curiosité des passants, leurs questions sur l’avenir du local, ont souligné une attente : voir le passage reprendre vie. À la croisée de la diagonale commerçante du centre-ville, l’emplacement coche plusieurs cases — visibilité, flux piéton, proximité des Halles pour s’approvisionner en produits frais — et renforce le potentiel d’un établissement tourné vers une clientèle de quartier autant que de passage.
- Un ancrage dans la mémoire du passage et des commerces qui l’ont façonné.
- Une offre culinaire construite en réponse aux demandes des clients d’« Au thé à la menthe ».
- Un recrutement ciblé de cuisinières diplômées pour garantir la maîtrise des classiques marocains.
Identité culinaire et continuité locale
Le parti pris est clair : donner à voir et à goûter la cuisine traditionnelle marocaine, ses plats emblématiques et ses temps de partage. Le récit s’inscrit dans une continuité paloise : du salon de thé à la table du passage, la même attention au détail et aux saveurs, la même volonté de répondre à une clientèle fidèle, y compris celles et ceux qui, de Béarn ou d’ailleurs, associent la convivialité d’un couscous ou la lenteur d’un tajine à des souvenirs de famille.
Au-delà de l’assiette, l’ouverture de La Medina participe d’un mouvement de redynamisation de ce ruban piétonnier. Les commerces, ici, fonctionnent en écosystème ; l’arrivée d’une nouvelle table peut amplifier les circulations, prolonger les flâneries, créer des usages, du déjeuner à l’après-shopping.
Repères utiles
| Élément | Détail |
|---|---|
| Lieu | Passage de la République, Pau |
| Concept | Cuisine marocaine, plats traditionnels |
| Direction | Malika et Benoît Charton |
| Équipe | Cuisinières marocaines diplômées |
| Antériorité | Salon « Au thé à la menthe » (place de la Libération) |
Un signal pour le cœur commerçant palois
Dans une ville attentive à ses passages et à ses places, chaque ouverture pèse plus large que ses murs. La Medina s’inscrit dans un réseau de petites adresses qui font la respiration du centre de Pau. Le succès tiendra à l’équilibre entre authenticité culinaire, régularité de l’offre et accueil. Les premiers échos glanés pendant les travaux laissent entrevoir un public prêt à répondre présent.
Il reste que l’essentiel se jouera dans la durée : installer des habitudes, trouver la juste fréquence, fidéliser. Une perspective qui, si elle se confirme, pourrait conforter la vocation du passage de la République à redevenir un lieu de passage… où l’on s’arrête.