Un bâtiment emblématique retrouve une vocation économique
L’ancienne succursale de la Banque de France, située rue du Commandant-Girardot, tout près de la mairie de Vesoul, s’apprête à changer de visage. Ce site de 1 500 m², fermé depuis 2019, va être racheté par la société Prime de Faverney. L’entreprise, installée en Haute-Saône depuis sa création en 1989, figure parmi les plus importants fabricants de fèves en France.
Ce transfert attendu vers un immeuble central marque une étape notable pour la dynamique du centre-ville. Le réemploi d’un édifice patrimonial emblématique, longtemps à l’arrêt, ouvre la voie à une présence industrielle discrète mais structurante au cœur de Vesoul. Au-delà du symbole, l’opération promet une animation accrue des abords et une meilleure visibilité pour un savoir-faire local.
Un champion discret d’un marché populaire
Si la fève évoque d’abord la galette de l’Épiphanie, elle constitue aussi un secteur économique singulier, où la création, la précision et la qualité de fabrication sont centrales. Prime de Faverney produit environ trente millions de pièces par an, soit près de la moitié des fèves utilisées dans l’Hexagone. Cette position confère à l’entreprise un rôle clé dans un marché qui, chaque début d’année, irrigue la filière boulangère et pâtissière sur l’ensemble du territoire.
Le choix de Vesoul pour installer cette activité n’est pas anodin. Il valorise la place de la Haute-Saône dans une production où l’exigence de finition et la fiabilité logistique comptent autant que la créativité. Pour la ville, le projet concentre un enjeu d’image et d’attractivité, adossé à un tissu de PME artisanales et industrielles qui constitue l’ossature économique locale.
Centre-ville : des retombées d’usage et de visibilité
La réouverture d’un grand bâtiment en plein centre entraîne des effets concrets : flux de personnes, services de proximité mobilisés, circulation de fournisseurs et partenaires. Sans bouleverser l’équilibre urbain, le réinvestissement du site redonne une utilité à un volume important, évitant la vacance longue et la dégradation progressive des lieux. Il peut aussi favoriser, à terme, des coopérations avec des acteurs du territoire (logistique, maintenance, création graphique, emballage), dans un périmètre accessible à pied.
La présence d’une entreprise identifiée nationalement offre par ailleurs une vitrine à Vesoul, susceptible de renforcer l’image d’un centre-ville vivant, où patrimoine et activité cohabitent. Le caractère atypique du produit – ces figurines de galette devenues objet de collection pour certains – peut nourrir des connexions culturelles ou événementielles locales, à condition de s’inscrire dans le temps long et la sobriété budgétaire.
Patrimoine et production : un équilibre à trouver
Réintégrer une activité dans un ancien bâtiment bancaire suppose un travail d’adaptation attentif : fonctionnement logistique, respect du cadre architectural, circulation interne. Le site, par sa configuration et son emplacement, offre des atouts pour une production soignée et des opérations administratives, tout en nécessitant des aménagements mesurés afin de préserver la qualité urbaine du quartier proche de l’hôtel de ville.
L’exemple illustre un mouvement plus large de réutilisation d’édifices tertiaires en cœur de ville, pour des usages productifs à faible nuisance. Dans une période où la vacance commerciale ou institutionnelle pèse sur les centres, chaque réaffectation réussie compte. Ici, l’adossement à un savoir-faire local reconnu donne des raisons de penser qu’une stabilisation durable est envisageable.
Les repères à retenir
- Emplacement : ancienne Banque de France, rue du Commandant-Girardot, à deux pas de la mairie.
- Surface : environ 1 500 m².
- Vacance : inoccupé depuis 2019.
- Acquéreur : Prime de Faverney, créée en 1989 en Haute-Saône.
- Production : près de 30 millions de fèves annuelles, soit environ la moitié de l’usage national.
| Élément | Indication |
|---|---|
| Bâtiment | Ancienne Banque de France (centre-ville de Vesoul) |
| Surface | 1 500 m² |
| Vacance | Depuis 2019 |
| Entreprise | Prime de Faverney (fondée en 1989) |
| Capacité estimée | ~30 millions de fèves/an |
| Part de marché | Environ la moitié des usages en France |
À l’heure où de nombreuses communes cherchent à redonner sens et usage à leurs édifices vides, cette opération réunit sobriété patrimoniale et ancrage productif. Elle rappelle que l’industrie, même légère et discrète, a sa place au cœur des villes moyennes lorsqu’elle s’appuie sur des procédés maîtrisés et des circuits courts d’approvisionnement et de distribution.