Un dispositif légal mal acquis par une partie des motards ajacciens
Depuis le 1er avril 2024, le contrôle technique des motos est obligatoire en France. À Ajaccio, pourtant, plusieurs garages et centres techniques dressent le même constat : la mesure n'est pas encore systématiquement respectée par les usagers. Sur le terrain, patrons et contrôleurs évoquent une mise en conformité progressive, souvent contrainte par les verbalisations ou les démarches administratives liées à la vente.
Dans le quartier du Stiletto, le garage Dekra dirigé par Patrice Dolla, présent dans la ville depuis près de deux décennies, reçoit très peu de deux-roues comparé au parc automobiles. Les flyers affichés en salle d'accueil rappellent pourtant la fréquence des visites techniques : un premier contrôle à 5 ans, puis tous les 3 ans. Malgré cela, la vie quotidienne du centre reste marquée par une activité moto écrasée par la voiture.
"Ça commence parce qu'il y a des verbalisations."
Alexis, contrôleur de 25 ans en poste depuis deux ans et demi dans un autre centre, confirme que beaucoup de motards ignoraient l'obligation au départ. Le recours aux contrôles s'est accéléré après les premières amendes : les usagers viennent désormais parfois « après avoir été verbalisés » ou lorsqu'ils souhaitent revendre leur véhicule, la contre-visite technique devenant un prérequis à la transaction.
Pour le chef de centre, la fréquentation moto reste limitée : il évoque "une dizaine" de contrôles de motos par semaine. À l'échelle d'Ajaccio, ce chiffre témoigne d'une cadence encore modeste au regard du nombre total de deux-roues en circulation. Cette situation interroge l'information diffusée aux conducteurs, la capacité des centres à absorber une hausse éventuelle de demandes et la surveillance effective du respect de la loi.
- Obligation en vigueur : 1er avril 2024.
- Périodicité recommandée : 1er contrôle à 5 ans, puis tous les 3 ans.
- Motifs fréquents de venue au contrôle : verbalisations et revente du véhicule.
Les retombées locales sont concrètes : pour les motards, un risque d'amende et des démarches supplémentaires lors de la vente ; pour les centres, la nécessité d'adapter leur communication et éventuellement leurs plages de rendez‑vous si la demande augmente. Du côté des services de l'État et des collectivités, la question reste celle du suivi et du contrôle effectif de l'application de la mesure.
| Échéance | Périodicité |
|---|---|
| Premier contrôle | 5 ans |
| Contrôles suivants | Tous les 3 ans |
À Ajaccio, la transition vers ce nouvel usage se fait donc par étapes. Entre l'habituation des motards, les contrôles ponctuels liés aux ventes et l'effet dissuasif des premières verbalisations, le dispositif progresse, lentement. Reste à savoir si une meilleure information et une montée en capacité des centres suffiront à rendre ce contrôle véritablement systématique.