Nouvel épisode judiciaire après l'attaque du 12 octobre
La justice antiterroriste a franchi une nouvelle étape dans l'enquête sur les tirs qui ont frappé le collège Joseph Lakanal d'Aubagne le 12 octobre. Un second mineur, âgé de 13 ans, interpellé mercredi, a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire, a annoncé le parquet national antiterroriste.
« Mis en examen pour complicité de tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, et pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. »
Le magistrat a notamment ordonné des mesures proches d'un placement en centre éducatif fermé. Les investigations visent à préciser le rôle exact de ce jeune, venu du Nord de la France, et à établir les responsabilités dans un dossier où la piste idéologique est au cœur des investigations.
Les faits reconstitués — ce que l'on sait
- Le 12 octobre, vers 9h20, un adolescent de 14 ans est entré dans le collège Lakanal, armé d'un fusil dissimulé dans un étui à guitare.
- La tentative d'attaque a visé notamment le principal de l'établissement et une enseignante ; elle a été interrompue par l'intervention du conseiller principal d'éducation.
- Les enquêteurs ont saisi des supports numériques lors d'une perquisition au domicile du principal mis en cause, et cherchent à déterminer l'implication d'autres mineurs.
La description du comportement du tireur a été diffusée par le parquet :
« Intégralement vêtu de noir et ganté », équipé d’un étui à guitare dans lequel il avait dissimulé un fusil, il a fait feu sur le principal de l’établissement et une enseignante.
Une mouvance idéologique au centre de l'enquête
Le parquet national antiterroriste relie l'affaire à la mouvance dite « True Crime Community », qualifiée par les autorités de source d'inspiration pour des mises en scène de violences de masse. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a souligné la proximité idéologique de cette mouvance avec des courants d'ultra droite, pointant l'importance d'examiner les interactions entre radicalisation en ligne et passage à l'acte.
Les enquêteurs ont mis en évidence l'utilisation de nombreux comptes sur des plateformes diverses — ProtonMail, Discord, Snapchat et TikTok — ce qui alimente les axes d'investigation sur la diffusion d'éléments de radicalisation et la planification.
| Élément | Donnée connue |
|---|---|
| Date de l'attaque | 12 octobre |
| Premier mis en cause | 14 ans, auteur présumé des tirs |
| Second mis en cause | 13 ans, mis en examen et sous contrôle judiciaire |
| Autorité judiciaire | Parquet national antiterroriste |
Conséquences locales et questions ouvertes
Sur le plan local, l'affaire a suscité une forte émotion : des banderoles de soutien à la communauté éducative ont été déployées à Aubagne, et le collège reste sous le coup d'une attention soutenue des services de l'État et des équipes éducatives. Les parents et enseignants attendent désormais des précisions sur les modalités de sécurité renforcées dans les établissements scolaires du département.
Plusieurs questions demeurent : quel a été le rôle exact du mineur mis en examen ? Quels contacts et contenus auront réellement servi de déclencheur ? Et surtout, comment prévenir de telles dérives à l'avenir, alors que la porosité entre réseaux sociaux et passages à l'acte inquiète les autorités ?
Les investigations se poursuivent et visent tant le passé numérique des protagonistes que leurs relations. À Aubagne, l'occasion est prise par les familles et les équipes éducatives de réclamer des réponses rapides et des mesures concrètes pour restaurer un sentiment de sécurité au sein des établissements scolaires.