Un point d'appui pour ceux qui n'ont pas d'accès aux soins
Dans le quartier de Toga, la salle d'attente du centre de soins de l'Ordre de Malte se remplit tôt. Le dispositif, présent à Bastia depuis quarante ans, accueille trois après‑midis par semaine des personnes ne disposant pas de couverture sociale ou en situation de grande précarité. Le recours à cette structure est souvent la dernière option pour ceux qui n'ont plus de droits ouverts.
Les bénévoles sont au cœur du fonctionnement. Environ vingt d'entre eux assurent consultations et soins. Parmi eux, des médecins qui donnent de leur temps comme la docteure Mireille Thévenin, engagée depuis 2011.
Des soins variés, gratuits, et limités dans le temps
Le centre propose une offre concentrée et ciblée. On y trouve :
- consultation de médecine générale;
- consultation de cardiologie;
- soins dentaires;
- délivrance de médicaments.
Le public accueilli est encore majoritairement composé de personnes sans titre de séjour en règle — et donc sans droits — mais aussi d'assurés sociaux ne disposant pas de mutuelle, ou de personnes en grande précarité.
"J'ai un abcès dentaire, ça fait deux nuits que je ne dors pas à cause de la douleur", explique Ahmed en poussant la porte du centre.
Des situations médicales aiguës comme celle d'Ahmed montrent l'utilité immédiate du lieu : soin, diagnostic et orientation vers d'autres structures si nécessaire. Les bénévoles gèrent aussi les cas plus chroniques quand l'accès aux soins classiques reste impossible.
Organisation locale et limites
La permanence n'est pas une alternative complète au système de santé : elle fonctionne sur des créneaux réduits et dépend de la disponibilité des volontaires. Malgré cela, elle permet à des dizaines de personnes d'obtenir des consultations et des traitements qu'elles ne pourraient pas financer ou organiser autrement.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Existence de la structure | 40 ans |
| Nombre de bénévoles | ~20 |
| Fréquence des permanences | 3 après‑midis par semaine |
Pour la population bastiaise, ce dispositif est à la fois un filet de sécurité et un indicateur des difficultés d'accès aux soins présentes sur le territoire. La pérennité de l'aide dépend du volontariat et des moyens disponibles. Sur le terrain, bénévoles et patients mesurent chaque jour l'importance d'un lieu où la consultation ne s'arrête pas à une question d'assurance, mais répond à une urgence humaine.