Un village traversé par un flot continu de voitures
À Chaligny, petite commune de la Meurthe-et-Moselle, la Grande Rue accueille désormais près de 1 200 véhicules par jour, selon les constats partagés par la municipalité. Cette voirie, étroite, en pente et classée en zone de rencontre — donc conçue pour partager l'espace entre piétons, cyclistes et voitures — subit des passages répétés qui inquiètent riverains et élus.
Waze pointé du doigt par la mairie
La municipalité estime que l'application de guidage Waze redirige les automobilistes vers la commune dès qu'un embouteillage se forme dans les environs, expliquant ainsi l'augmentation soudaine du trafic. Selon la mairie, l'application ne tiendrait pas compte de l'interdiction de circulation des poids lourds de plus de 3,5 tonnes sur la rue centrale, exposant la voirie à des véhicules inadaptés.
« La circulation en journée, on l'entend. C'est énorme, énorme, énorme », a témoigné un habitant.
Le premier adjoint a également signalé que certains conducteurs montent malgré la signalisation et une seconde restriction située 150 mètres plus haut, là où la chaussée se resserre.
Des dégâts matériels et une vie quotidienne perturbée
Les conséquences sont tangibles : gouttières arrachées, crépis abîmés, nuisances sonores. Les riverains décrivent une situation devenue anxiogène, notamment pour les enfants et les personnes âgées. Face à ces désordres, la municipalité a décidé d'agir pour faire respecter les règles et protéger les habitations.
Mesures prises et pistes envisagées
Le 1er août, la commune a installé 13 caméras, certaines capables de lecture de plaques d'immatriculation. La facture atteint environ 100 000 euros, montant avancé par les élus pour ces installations et dispositifs associés. L'objectif affiché est d'identifier les véhicules en infraction afin d'engager d'éventuelles sanctions.
- Installation de caméras à lecture de plaques (mise en service le 1er août)
- Contrôles pour sanctionner les véhicules hors gabarit
- Étude d'une interdiction d'accès aux conducteurs extérieurs pendant les heures de pointe
La commune souligne que la loi permet d'interdire l'accès d'un chemin communal aux véhicules extérieurs si la mesure est motivée par la sécurité ou la préservation du domaine public. Cette option, si elle est adoptée, viserait à limiter le transit de véhicules de passage sans affecter la desserte locale.
Ce que cela pose comme débats
Le cas de Chaligny illustre la tension entre outils de guidage routier, qui fluidifient le trafic à une échelle régionale, et la préservation du cadre de vie local. Plusieurs questions restent en suspens : comment faire respecter les limitations de gabarit, quelle responsabilité pour les plateformes numériques, et quels aménagements pour prévenir la dégradation du bâti ?
| Élément | Chiffre / date |
|---|---|
| Véhicules quotidiens | 1 200 |
| Caméras installées | 13 |
| Coût estimé | 100 000 € |
| Mise en service des caméras | 1er août |
Les habitants attendent désormais des résultats concrets : contrôles effectifs, sanctions pour les contrevenants et, à terme, des solutions de contournement ou de limitation du trafic induit par les applications. La question du dialogue avec les opérateurs numériques pour limiter le détournement de flux vers des voies inadaptées est posée.
Pour l'heure, la mairie multiplie les mesures de protection et se réserve la possibilité d'interdire l'accès aux non-riverains aux heures sensibles, une décision qui pourrait entrer en vigueur après délibération municipale et information des usagers.