Un report judiciaire qui offre un nouveau temps de négociation
Le sort de la papeterie Chapelle Darblay, implantée à Grand-Couronne près de Rouen, n'a pas été tranché ce lundi 6 juillet. Le tribunal de commerce de Toulouse a décidé de renvoyer l'examen de l'unique offre de reprise présentée pour le groupe Fibre Excellence au lundi 27 juillet à 9h. Ce délai est perçu comme une opportunité par les acteurs syndicaux et par les salariés concernés, qui espèrent voir se préciser un projet industriel viable.
Le dossier avait récemment gagné en visibilité avec l'entrée en lice du milliardaire Matthieu Pigasse, annoncé comme investisseur potentiel pour reprendre l'ensemble du projet, comprenant notamment les sites de Saint-Gaudens, Tarascon et la papeterie de Grand-Couronne. Les conséquences de cette reprise dépassent toutefois le seul périmètre rouennais, car la sauvegarde du groupe est présentée comme cruciale pour l'ensemble de la filière bois-papier-carton en France.
Un enjeu d'emplois et de filière
Les représentants syndicaux estiment l'impact à une échelle nationale. Selon la CGT, il y aurait plus de 10 000 emplois concernés si l'opération aboutit favorablement : une estimation relayée dans le dossier et mobilisée pour souligner l'enjeu stratégique de la reprise. À Chapelle Darblay même, le passé récent rappelle la fragilité des postes : entre 2020 et 2021, 217 personnes ont été licenciées.
"L'enjeu est conséquent. On parle de toute une filière qui est en danger et ça pourrait aller encore plus loin" — Cyrille Briffault, délégué CGT de Chapelle Darblay
Pour les salariés et les syndicats, le report accordé par le tribunal constitue « une bonne nouvelle », permettant de lever des conditions suspensives et de consolider une offre jugée « juste et bien faite » par certains acteurs interrogés. Le court délai initial pour monter l'offre — seulement deux ou trois semaines selon la CGT — rendait nécessaire ce sursis judiciaire.
Ce que signifie le renvoi pour Rouen et son bassin d'emploi
- Temps de respiration pour les salariés et les élus locaux : possibilité de négocier garanties et calendrier de reprise.
- Risque maintenu : tant que la décision finale n'est pas prise, l'incertitude pèse sur les emplois et les sous-traitants locaux.
- Effet d'entraînement sur la filière : une reprise ferme permettrait, selon les partisans du dossier, de revitaliser l'ensemble de la chaîne bois-papier en France.
Sur le plan local, une reprise sauvegardant Chapelle Darblay renforcerait l'activité industrielle autour de Rouen et limiterait la propagation d'une désindustrialisation déjà visible dans certains segments du territoire. Si l'offre devait échouer, les conséquences seraient lourdes pour les salariés directs et pour les entreprises en aval dépendant des flux du site.
| Élément | Information |
|---|---|
| Audience | Tribunal de commerce de Toulouse |
| Décision | Renvoi au lundi 27 juillet à 9h |
| Repreneur annoncé | Matthieu Pigasse (investisseur) |
| Emplois potentiellement concernés | Plus de 10 000 (estimation syndicale) |
| Licenciements 2020-2021 | 217 personnes |
Prochaines étapes et attentes
Avant l'audience du 27 juillet, les parties vont devoir lever les conditions suspensives de l'offre et apporter des garanties sur le maintien de l'activité et des emplois. Les représentants syndicaux demeurent vigilants et pressent l'État et les autorités locales de rester mobilisés pour assurer un cadre favorable à la reprise. Pour les habitants de Rouen et les salariés du site de Grand-Couronne, la fin juillet constituera donc un rendez-vous décisif.