Débat sous tension à l’Hôtel de Ville
Le conseil municipal de Périgueux a été perturbé ce jeudi 2 juillet par des dizaines de manifestants opposés à la tenue d’un banquet organisé par le Canon français. L’échange s’est envenimé dès le début de séance, au point que le maire, Michel Cadet, a brièvement arrêté les travaux. L’événement à l’origine de la controverse, d’abord annoncé à Bergerac avant d’être évoqué à Périgueux, est présenté comme étiqueté à l’extrême droite par ses détracteurs.
« On suspend la séance, en attendant la police nationale. »
À 18 h 13, ces mots du maire ont acté la suspension, le temps de rétablir le calme dans les rangs du public. Au cœur de la discorde : l’accusation portée contre la municipalité d’avoir accepté la location d’une salle pour un banquet lié aux 80 ans de l’AOC Pécharmant, en présence ou à l’initiative du Canon français. Dans la salle, un manifestant a fustigé l’initiative en convoquant la mémoire de la Résistance.
« Les fusillés se retournent dans leurs tombes »
Évacuation ciblée et reprise de séance
Dans la confusion, les invectives ont redoublé, avec des demandes insistantes d’évacuation. Le maire a sollicité le départ des plus bruyants, déclenchant une riposte verbale d’une opposante qui a mis en cause l’égalité de traitement du public présent.
« C’est illégal ce que vous faites : c’est tout le monde ou personne »
Après cette parenthèse et dans l’attente des forces de l’ordre, la réunion municipale a repris à 18 h 47. Les élus ont pu retourner à l’ordre du jour pendant que la pression retombait peu à peu dans les travées.
Un dossier inflammable qui dépasse la séance
La polémique, née à Bergerac autour d’un événement du Canon français, a trouvé un écho plus large à Périgueux avec cette location de salle. Au-delà de l’épisode de ce jeudi, l’affaire pose une question sensible : comment les collectivités encadrent-elles l’accès de structures controversées à des équipements publics, surtout lorsqu’un événement s’inscrit dans un calendrier patrimonial, ici celui des 80 ans de l’AOC Pécharmant ? Les réactions entendues au conseil disent une inquiétude forte du côté des opposants, qui s’alarment des symboles véhiculés par l’accueil de tels rassemblements.
Ordre public, neutralité et accès aux salles
Les échanges musclés témoignent d’un tiraillement entre plusieurs principes : la neutralité du service public dans la gestion des locations, la liberté d’expression et la nécessité de prévenir les troubles à l’ordre public. Les incidents vécus dans l’hémicycle soulignent l’ampleur du sujet à l’échelle locale, là où les décisions de mise à disposition de salles entraînent des répercussions immédiates dans l’espace civique, entre riverains, associations et élus.
- Une opposition frontale à la présence du Canon français dans le paysage périgourdin.
- Un rappel à l’histoire et aux mémoires locales, convoquées par les manifestants.
- Une exigence de transparence sur les critères de location d’équipements municipaux.
Chronologie express de la soirée
| Heure | Fait |
|---|---|
| 18 h 13 | Suspension de séance annoncée par le maire, police attendue. |
| 18 h 47 | Reprise des débats après l’évacuation des plus bruyants. |
Un climat politique local sous observation
Si la séance a pu se poursuivre, l’épisode révèle un climat crispé autour des manifestations publiques et des usages des salles municipales. La mobilisation d’une pluralité d’opposants, les slogans entendus et l’appel à la police montrent que la question dépasse l’anecdotique et s’enracine dans une vigilance citoyenne aiguë. Les prochains jours diront si la municipalité détaillera les étapes qui ont conduit à cette location, et si des ajustements de procédure seront envisagés pour prévenir de nouveaux débordements dans l’enceinte du conseil.
À l’issue de cette soirée agitée, un constat s’impose : l’équilibre entre accès aux lieux publics et impératif d’apaisement reste fragile. À Périgueux, ce débat s’inscrit désormais dans l’agenda politique local, avec des répercussions possibles sur les futures délibérations, les événements culturels et les initiatives associatives.