Un cap technologique pris au service du tri
Dans l’ouest de l’Aude, le ramassage des ordures se pare d’un équipement que l’on attend plutôt dans les vidéosurveillance ou la logistique : des caméras intégrant de l’intelligence artificielle. Depuis début juillet, six camions-bennes du Smictom de l’Ouest audois circulent avec ce dispositif installé à l’intérieur de la benne. L’idée est simple mais ambitieuse : connaître précisément ce qui entre dans chaque conteneur pour améliorer la collecte et la facturation.
Coût, déploiement et périmètre : la collectivité, compétente pour les communautés de communes Castelnaudary Lauragais audois et Piège Lauragais Malepère, a investi 48 000 € pour équiper les véhicules du délégataire. Le dispositif est pour l’instant en phase d’expérimentation sur six engins.
Des premiers résultats déjà mesurables
Les gains sont tangibles : les erreurs de tri ont diminué en moyenne de 30 % depuis l’installation. Dans les secteurs faisant l’objet d’un rappel ciblé, la baisse atteint même 90 % dans les trois semaines qui suivent l’alerte. Autre bénéfice immédiat, la correction d’anomalies de tournées a permis d’exclure des collectes facturées à tort au territoire, soit près de 50 tonnes de déchets par mois réattribuées correctement.
"Nous avions besoin d’un outil capable de nous montrer précisément ce qui se passe dans les conteneurs"
Ces mots, prononcés par la direction du Smictom, résument l’ambition : plutôt que de sanctionner les usagers, il s’agit d’éclairer et de sensibiliser pour modifier durablement les pratiques de tri.
Des données nouvelles pour piloter la collecte
L’intelligence artificielle apporte des informations jusqu’ici difficiles à obtenir : taux d’erreur par point de collecte, horaires et comportements récurrents, présence de flux professionnels non identifiés. Ces données ouvrent des pistes pour optimiser les tournées, adapter la fréquence des collectes et mieux cibler les campagnes d’information auprès des habitants.
- Objectif principal : améliorer la qualité du tri et réduire les erreurs.
- Effet collatéral : corrections de facturation et meilleure répartition des charges.
- Phase actuelle : test sur six camions, possible extension selon les résultats.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Investissement | 48 000 € |
| Réduction moyenne des erreurs de tri | 30 % |
| Réduction ciblée | 90 % (dans les foyers rappelés) |
| Déchets redistribués hors facturation locale | 50 tonnes/mois |
Reste à observer l’évolution sur la durée : la technologie devra prouver sa capacité à maintenir l’effort de sensibilisation, éviter la stigmatisation des usagers et respecter les règles de protection des données. Pour l’heure, le Smictom met en avant l’outil comme un moyen d’accompagnement et de connaissance fine du territoire, plutôt que comme un moyen de répression.
Sur le terrain, cette innovation transforme déjà le quotidien des agents et offre aux élus locaux des indicateurs nouveaux pour piloter la politique déchets. Si le test confirme les tendances observées, le Smictom pourrait envisager une montée en puissance du parc équipé, avec toutes les questions d’organisation et de gouvernance que cela implique pour les communes concernées.