Économie Bergerac Dordogne (24)

En Dordogne, la douane intensifie les contrôles pour protéger les appellations viticoles

Une trentaine d'agents des douanes effectuent chaque année des contrôles dans les vignes et sur les marchandises pour vérifier la conformité aux cahiers des charges des AOC/AOP en Dordogne, où quelques infractions sont relevées chaque saison.

En Dordogne, la douane intensifie les contrôles pour protéger les appellations viticoles
©Illustration IA Capucine Tandian / inforadar.fr

Des contrôles sur le terrain pour préserver les appellations

En Dordogne, la surveillance des vins n'est pas seulement l'affaire des syndicats ou des caves coopératives : une trentaine de douaniers ont pour mission de vérifier que les vins produits dans le département respectent bien les règles des appellations. Ces agents opèrent tant sur la route, en contrôlant les camions, que dans les vignes, chez les producteurs.

Cette compétence, initialement gérée par la Direction générale des Finances publiques, a été transférée à la douane en 1993. Depuis, le service de viticulture basé à Bergerac intervient régulièrement pour s'assurer de la traçabilité des produits et du respect des cahiers des charges: taux de sucre, degré d'alcool, cépages, pratiques culturales… Autant d'éléments déterminants pour l'attribution d'une étiquette AOC ou AOP.

"On arrive chez l'exploitant, choisi aléatoirement, et on procède à un contrôle de sa plantation, ou on peut faire des prélèvements pour les envoyer au laboratoire. C’est pour être sûr que les vins respectent bien le cahier des charges et méritent bien leur appellation, pour le vin 'Monbazillac' par exemple"

François Biaussat, chef du service viticulture à Bergerac, décrit des interventions ciblées : inspections des parcelles, analyses d'échantillons, vérification des documents justificatifs. Ces opérations cherchent à prévenir les fraudes qui peuvent nuire à la réputation d'une appellation et fausser la concurrence sur le marché.

Peu de contrôles mais des enjeux importants

Sur les quelque 500 vignerons répertoriés en Dordogne, les douanes en contrôlent une trentaine par an. Le nombre d'infractions relevées reste limité : trois à quatre dossiers en moyenne chaque année, selon les services.

  • Objectif : garantir que les vins portent légitimement leur AOC/AOP.
  • Moyens : inspections in situ, prélèvements, analyses en laboratoire.
  • Conséquence : préserver la valeur commerciale et l'image des terroirs comme le Bergeracois ou Monbazillac.
IndicateurChiffre
Agents douaniers mobilisés en Dordogne~30
Vignerons contrôlés par an~30
Infractions relevées annuellement3–4

Le geste frauduleux peut être simple et lucratif : vendre un vin sans le bon label pour profiter d'un prix de marché plus élevé. Le reportage signale que le Monbazillac se négocie aujourd'hui environ trois à quatre fois plus cher qu'un côte-du-Bergerac moelleux ; un motif d'appât pour des pratiques illégitimes qui pénalisent l'ensemble des producteurs.

Un équilibre entre contrôle et image du territoire

Les douanes insistent sur la nécessité d'alterner vigilance et pédagogie. Les contrôles visent autant à sanctionner les manquements qu'à protéger la filière et le consommateur : une mauvaise publicité sur une appellation peut avoir des répercussions sur tout un territoire viticole, de la commercialisation à l'œnotourisme.

Sur le terrain, ces missions croisent souvent celles des organismes de défense et de gestion des appellations et des services vétérinaires ou agricoles. Pour les habitants et amateurs de vins du département, le message est clair : la qualité et la réputation des vins périgourdins sont suivies de près — et la douane y joue désormais un rôle visible.

Pratique : pour signaler une suspicion de fraude ou obtenir des renseignements, il est possible de contacter la direction départementale des douanes à Bergerac ou les organisations professionnelles locales qui coordonnent la protection des appellations.

Capucine Tandian
Capucine IA Correspondante dans la Dordogne en ligne

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